La Suisse va-t-elle voter la déchéance d’hospitalité ?

Les Helvètes ne sont pas un peuple particulièrement hospitalier. Selon un classement international, ils se situeraient même en en trente-huitième position, juste après l’Arabie saoudite, le Koweït et le Japon, pour l’accueil fait aux expatriés. La Suisse reste néanmoins un eldorado pour y faire du business, mais comme le dit l’un d’eux,  Prière de prendre la fuite pour qui veut s’y faire des amis ! »

Pire encore, les Suisses qui croient volontiers qu’il n’y en a point comme eux, n’apprécient pas la mendicité (une initiative populaire vise prochainement à l’interdire) et encore moins les comportements douteux. Quant aux délits ou aux crimes commis par des étrangers, ils devraient à l’avenir conduire leurs auteurs, après une peine de prison, illico presto,  dans leurs pays d’origine respectif.

Tel est du moins le but de la votation du 28 février qui met en ébullition la classe politique, plus de cinquante pour cent des sondés étant favorables à cette initiative populaire soutenue par l’UDC, parti libéral certes, mais farouchement opposé à l’Union européenne. La gauche annonce le pire : la fin de l’État de droit , voire l’avènement d’une nouvelle barbarie. Le populo, lui, en a marre d’être pigeonné au nom des droits humanitaires. Vivre à Singapour ou au Japon, deux pays qui ne font pas dans la dentelle en matière de sécurité, lui semble préférable au bordel qui gagne ses  voisins, la France et l’Allemagne notamment. Après tout, il n’est pas question de rétablir la peine de mort. Juste de montrer qu’on reste maîtres chez soi…

Ce n’est pas encore dans l’air du temps en Europe. Mais, à supposer qu’il ne soit pas déjà trop tard, on imagine sans peine bien des pays européens suivre ce très, très, très mauvais exemple…

 

Billet d’humeur publié dans le numéro de février de l’infâme Causeur.

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Pourquoi l’UDC helvétique snobe le FN

La question a été posée à Oscar Freysinger qui a répondu simplement : « Le FN est étatiste, dirigiste, collectiviste et centralisateur. L’UDC (Union Démocratique du Centre) est libérale et fédéraliste. Nos projets de société sont opposés. Voilà pourquoi il n’y a jamais eu de contact. Seul point commun : la défense de la souveraineté nationale.

« À quoi il faut ajouter l’islamophobie où la Suisse a incontestablement une longueur d’avance en Europe avec l’interdiction des minarets. D’ailleurs les têtes pensantes de l’UDC ne se sont jamais privées de dire que le FN est un parti de gauche qui plonge ses racines dans le poujadisme.

Ce que le FN n’a jamais compris, c’est qu’une droite moderne doit réussir le mariage du libéralisme économique avec la lutte contre la surpopulation. La presse suisse a d’ailleurs noté que les ténors de l’UDC ont accueilli la victoire du Front National au premier tour des élections régionales avec la froideur d’observateurs impartiaux et le sentiment légèrement méprisant que les Français, nourris au biberon des droits de l’homme et de la servitude engendrée par un assistanat  social sans limite, ne s’en sortiront jamais, quel que soit le parti au pouvoir. La France est devenue le champion international de l’apathie, du matraquage fiscal et des politiques les plus incohérentes dans ses interventions néo-coloniales. En fait, les Suisses, et pas seulement ceux qui votent UDC, sont plutôt enclins à considérer la France comme la Corée du Nord, alors qu’eux-mêmes seraient la Corée du Sud. Et le nombre impressionnant de jeunes Français qui rêvent de la Suisse comme d’un Eldorado les conforte dans l’idée « qu’il y en a point comme nous ». Bref, pour l’ UDC le FN est un parent pauvre, infréquentable et qui se fourvoie dans un étatisme qui étouffe l’esprit d’entreprise. Quant à la maîtrise des flux migratoires, elle va tellement de soi pour les Helvètes qu’ils n’arrivent pas à comprendre qu’elle pose encore des problèmes à l’Union Européenne. En poussant le bouchon vaudois le plus loin possible: plutôt Donald Trump que Marine Le Pen !

Mais ne croyons pas si bien dire. Le 11 janvier dernier, le quotidien suisse romand Le Matin consacrait une double page à l’emblématique « milliardaire populiste » Christoph Blocher, le Donald Trump zurichois si l’on me passe l’expression. S’apprêtant à se retirer du jeu politique, il permet aux tenants d’une ligne plus consensuelle de souffler un peu. Une fois les thèmes du parti implantés dans l’électorat, la « guérilla » peut laisser place à des solutions politiquement efficaces, ce dont devraient se souvenir tous ceux qui poussent des hauts cris à la moindre sortie manifestement provocatrice de Trump.

Mais pour ne pas que le combat se ramollisse, Blocher, également fondateur de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) a prévenu: il en conserve la présidence du comité et demeure l’inspirateur des prochains combats de l’UDC: « Non à l’adhésion insidieuse de la Suisse à l’UE ! ».

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On ne peut guère faire plus clair.

Ce samedi 21-11, Le casse-tête chinois de Benoit Hamon…

Une anecdote pour débuter:  Alexandra Laignel-Lavastine a voulu savoir le samedi matin 14 novembre comment les jeunes de son quartier, dans le 93, avaient vécu cette nuit de carnage. Se pouvait-il que les images des tueries qui passaient en boucle  dans les cafés les laissent indifférents ? Elle s’attendait à un vague: « Là quand même ils abusent ! »
Pour en savoir plus, elle a fait ce que tout journaliste consciencieux devrait faire : s’immerger dans la population. Première surprise : rien ne laisse deviner qu’une tragédie vient de frapper le pays. Quand elle évoque ce qui vient de se passer, on la regarde comme une extra-terrestre quand ce n’est pas avec hostilité.

« Tu crois quand même pas ce qu’ils nous racontent ? », dit l’un, cependant qu’un autre habitué du café surenchérit :  Réfléchis trois secondes : un musulman, ça tue pas. Tuer, chez nous, c’est haram. C’est marqué dans le Coran. » Alexandra joue alors la carte bobo nunuche bien-pensante – rôle qu’affectionnent les invités de On n’est pas couché. Elle dit : « Certes, l’islam est une religion de tolérance et de paix, mais il peut y avoir de mauvais musulmans, des fanatiques qui le déforment et s’en servent à des fins politiques. »  Elle s’entend répondre : « C’est quoi ces conneries ? On sait tous que les images et les communiqués, c’est du bidon. »

Et là, cette chère Alexandra reçoit le coup de massue : « La vérité de toute façon, on la connaît: c’est  un complot contre nous et contre l’islam, comme avec Merah et le reste. Le but, c’est de salir les musulmans. On ne peut plus nous enfumer.  » Tout le monde approuve. Et quand Alexandra cherche à en savoir plus sur ce fameux complot, elle devine ce qui va suivre :  » Les criminels qu’il faut détruire à la kalach, c’est les Juifs ! Mais ça tu ne pourras jamais l’écrire dans ton journal vu qu’ils contrôlent tout.  » Avec ces trois mots magiques – Juif, sioniste, complot – la tension monte. Le reste, chacun peut le deviner.

Évidemment, comme Yann Moix on peut conseiller à chaque Français de souche d’envoyer une lettre d’amitié à ses amis musulmans ou se réjouir comme Ruquier qu’on dessine des cœurs sur les mosquées. Voire, comme la majorité des invités de l’émission de Taddéi, Ce soir ou jamais, s’autoflageller et battre sa coulpe en décrétant que les arabo-musulmans sont traités comme des sous-hommes en France. Et que, oui, il faut rester unis et surtout ne pas relâcher sa vigilance face à un fascisme et à une xénophobie qui ont le vent en poupe.

« Qu’est-ce qui nous unit ?  » se demande avec une une componction digne d’un cardinal du Vatican le philosophe Roger-Pol Droit qui officie au Monde et qui distille avec gourmandise des banalités qui ne fâcheront jamais personne. La légèreté, la fête, la baise, le vin…oui, ne cédons sur rien. L’exception française est là et, paradoxalement, elle n’a rien d’exceptionnel. Comme le dit l’invité d’honneur, Benoît Hamon, « ça ne suffira peut-être pas à vaincre nos ennemis !  »

Mais oui, la France est en guerre. Mais de quelle guerre s’agit-il et contre qui et avec quels alliés la menons-nous ? Là, ce pauvre Benoît Hamon ne cache pas son embarras. Quand Léa Salamé lui demande pourquoi nous sommes, nous Français, si proches de l’Arabie Saoudite et du Qatar – qui financent l’État islamique que nous combattons – et pourquoi nous leur vendons des armes, il lâche le morceau : parce que nous sommes pauvres et qu’eux sont riches. Et la Turquie ? Ce double, voire ce triple jeu de la Turquie ? Et Poutine, ami ou ennemi ? Et Bachar Al-Assad qui, lui au moins,  est cohérent comme on peut le voir dans l’entretien qu’il a donné à Valeurs Actuelles …sans oublier les rebelles syriens que nous avons armés…maintenant que le vent a tourné, on en fait quoi ? Un vrai supplice chinois pour ce brave Benoît Hamon qui tente tant bien que mal de défendre sa ville de Trappes qui fournit chaque mois un lot appréciable de combattants à l’Etat islamique.

Tout cela n’est rien, bien sûr, à côté de ce que subit chaque dimanche le dessinateur belge un rien démago, Philippe Geluck, harcelé  par sa femme qui veut jouer au Scrabble avec lui. Il cède comme il finira par céder aux requêtes des bons musulmans. Pas comme Oscar Freysinger, censuré par le quotidien suisse Le Temps, pour avoir affirmé notamment que « le crépuscule des dieux approche et nous ne voulons rien voir venir. C’est le déni qui nous tuera. Nous nous sommes évertués à nourrir sur notre sein le serpent qui nous mordra et nous le considérons toujours comme un doux chaton ronronnant.  » Et pourquoi Laurent Ruquier ne l’inviterait-il pas….une fois, une fois seulement , pour qu’on entende un autre son de cloche ?

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Mon cher Nicolas,

Je me permettrais d’abord de te tutoyer et de te dire la sympathie instinctive que j’éprouve pour toi. Un homme qui a écrit un livre sur George Mandel ne peut pas être mauvais…et j’ai craint parfois que ton destin ne s’achève comme le sien. Tes analyses politiques ont souvent été pertinentes, même si elles ne furent pas suivies d’effets. Et la gabegie libyenne ne peut t’être totalement imputée: il arrive plus souvent qu’on ne le croit que des initiatives a priori justifiables se transforment en cauchemars. Bush Jr. en sait quelque chose.

Mais parlons plutôt du présent. Tu sais d’expérience combien la vengeance des femmes est redoutable. Tu sais également qu’un parti populaire a besoin de personnalités comme Nadine Morano. Et tu n’ignores pas non plus que les luttes entre les classes, les races, les sexes ou les religions font partie des invariants de la nature humaine. Ce n’est certes pas brillant, mais chacun défend sa peau. Pour l’avoir exprimé un peu trop directement, Nadine Morano perd et ton amitié et ton estime. N’est-ce pas une manière un peu cheap de t’acheter une bonne conscience ? N’aurais-tu pas intérêt à la soutenir et même, ne reculons devant rien, à faire alliance avec le F.N. qui serait alors aux Républicains ce qu’est le Tea Party à nos amis américains ?

À titre personnel s’il y avait un parti libéral, voire libertaire, en France, je serais le premier à le soutenir. Mais tu sais aussi bien que moi combien le nationalisme et le centralisme français rendent improbables toutes formes de libéralisme.

À l’heure où l’Union européenne se craquèle, où l’immigration arabo-islamiste prend une ampleur inédite, où des populations appauvries s’accrochent à des lambeaux de prospérité, il est sans doute temps de ne plus persévérer à vendre une France généreuse et accueillante, mais de prendre la mesure des catastrophes qui s’annoncent. À moins de baisser les bras, façon Hollande, ce qui n’est pas ton genre. Veillons à ne plus être prisonniers de rêves ou d’idéaux qui ne parlent plus à personne. Nadine Morano l’a pressenti. Il serait dommage que tu sois à la traîne. En Suisse, l’UDC a compris un peu plus vite que tes amis politiques, même le F.N., ce qui se produit aujourd’hui en Europe. Il y a peut-être là des leçons à prendre.

J’ai été aussi franc que je peux l’être, ne m’en tiens pas rigueur !

Bien à toi, R.J.