Aspects méconnus de Jacques Lacan, 7/7 et épilogue…

Je voyais Lacan vieillir lentement ; de nombreux cheveux gris apparaissaient dans sa coiffure, quand il était en bras de chemise on apercevait un peu d’obésité sur son ventre mais naturellement, son cerveau tellement entraîné par toujours de nouvelles connaissances était toujours aussi alerte. Il maîtrisait parfaitement plusieurs langues, et en particulier, le chinois. Il avait une puissance de travail phénoménale.

3302436560

Lacan ne donnait jamais de médicaments à ses Patients, seulement un léger laxatif s’ils étaient un peu déprimés.

Lacan est mort, mais quelle oeuvre il laisse derrière lui. C’était un homme d’une intelligence très rare, il était bon et entièrement dévoué à ses malades.

On parlera de lui encore longtemps…


Épilogue de votre serviteur: Lacan, Jacques-Alain Miller, Elisabeth Roudinesco et moi

J’ai un jour demandé à Jacques-Alain Miller si Lacan croyait à la Révolution.

LACAN-UNE-DE-LIBE11

Il m’a répondu: « Il ne croyait pas le moins du monde à la Révolution. Il citait toujours à ce propos, et cela m’irritait en ce temps-là, l’étymologie du mot : le retour au point de départ. Il l’a dit, écrit, clamé, et dans les années qui suivirent immédiatement 1968. Il ne se gênait pas pour préciser qu’il n’était pas progressiste. C’était assez évident. Il n’empêche qu’on l’a classé assez sottement parmi les inspirateurs de la révolte de Mai 1968. Il est vrai qu’il partageait avec la jeunesse révoltée la détestation de quelques semblants. Et puis, entre révoltés, on se comprend. »

Je regretterai toujours qu’il n’ait pas écrit avec Pierre Viansson-Ponté le livre que tous deux deux projetaient de faire ensemble sur le Général de Gaulle… et pourquoi pas, ensuite, sur Mitterrand.

Dans Lacan Quotidien (numéro 33) Jacques-Alain Miller m’avait touché en écrivant:

« Cette rubrique du Monde était tout de même autrement spirituelle quand c’était Roland Jaccard, mon ami mélancolique, qui la tenait. Il était férocement anti-lacanien, d’accord, mais parce que je n’avais pas le temps de lui expliquer le truc. Seulement, il avait du panache, une plume. Elisabeth Roudinesco, elle, c’est écrit comme du Staline, comme un manche. »

Si j’ai été férocement anti-lacanien, comme le rappelle Jacques-Alain Miller pendant les trente années où j’ai tenu la rubrique psychanalyse dans le Monde des Livres, ce n’est pas parce qu’il avait oublié de m’expliquer deux ou trois trucs que, par ailleurs, je connaissais fort bien, mais par fidélité à Freud. En simplifiant : Vienne contre Paris…