Entretien avec Jean Laplanche, deuxième partie

À l’origine de l’angoisse

 

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RJ: Vous traitez longuement dans vos ouvrages de l’angoisse et accordez une place importante au livre d’Otto Rank sur le traumatisme de la naissance. Cette expérience est-elle à l’origine de toutes les formes d’angoisse ?

 

JL: Le psychanalyste ne peut que donner une place prépondérante à l’angoisse, qui est son amer pain quotidien, chez ses patients et en lui-même. Je ne puis, en quelques mots, avancer qu’une ou deux formules. L’angoisse n’est autre que l’aspect déstructurant, hostile, que prend pour notre moi l’attaque interne à laquelle il est soumis, de la part de nos pulsions. Ou encore, c’est le résidu inconciliable, inutilisable, stérile donc, de l’attaque pulsionnelle. Songez, si vous voulez, aux transformations de l’énergie dans une machine à vapeur, transformations qui impliquent toujours une perte (c’est le principe de Carnot que je vous cite de mémoire): cette énergie nécessairement perdue, ce serait l’image de l’angoisse.

Vous voyez, je pense l’ « angoisse » en fonction de notre relation à notre monde interne, et non pas comme une forme plus ou moins obscure de « peur », celle-ci faisant référence à un danger extérieur réel. Loin que l’angoisse soit une ancienne peur dont nous aurions oublié l’origine, ce sont nos peurs, dans le monde, qui sont des moyens de concrétiser, de fixer, de rendre plus maniables les angoisses originaires (dont je n’exclus pas l’angoisse de castration).

C’est ici que pourrait intervenir Rank, et l’angoisse de naissance. Non pas que je cherche une généalogie, comme le fait Rank, de toutes les angoisses à partir d’une seule. Mais la situation de naissance, telle que Rank et Freud la décrivent, est bien comme un prototype, un modèle métaphorique de ce débordement par des énergies internes immaîtrisables. Le bébé en proie à ses sanglots, c’est un peu notre machine bloquée où toute l’énergie se dissiperait en mouvements anarchiques et en jets de vapeur. Mais en ce qui concerne le nouveau-né et la machine à vapeur, on ne peut pas proprement parler d’angoisse, celle-ci nécessitant la constitution d’un « moi ».

Jean Laplanche, Lacan et le désir

Entretien réalisé pour Le Monde en avril 1980

« S’il y a du nouveau en l’homme, c’est par la psychanalyse. Non par le bouleversement des moeurs, mais par modification qu’elle induit dans notre rapport à notre monde intérieur. »

 

Jean Laplanche (1924-2012) est un mandarin de la psychanalyse. Avec Jean-Bertrand Pontalis, il a rédigé le Vocabulaire de la psychanalyse, ouvrage de référence pour qui se penche sur les oeuvres de Freud. Il a également publié trois volumes respectivement consacrés à l’angoisse, à la castration et à la sublimation. D’une manière particulièrement originale, il tente d’interpréter Freud avec la méthode de Freud, c’est-à-dire de « faire travailler » son oeuvre, de faire saillir ses exigences, attachant autant d’importance aux grincements, aux achoppements, aux dissimulations même, qu’au discours organisé.

Il s’est en revanche montré fort réservé à l’égard des divers courants inspirés d’un anarchisme post-psychanalytique.

 

 

Lacan et le désir

 

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RJ: Toute la psychanalyse, dites-vous, se construit sur une certaine méfiance par rapport à ceux qui entonnent l’hymne au désir. Vous récusez donc aussi bien Reich et Marcuse que Deleuze et Guattari…

JL: La méfiance est, à mon sens, une des qualités majeures du psychanalyste ! Il ne suffit pas de récuser le « moi » pour l’empêcher d’exister ; il faut analyser le moi, cette prétendue instance d’adaptation, et montrer que, comme tout l’être humain, il carbure à l’amour et à la haine.

Mettre un grand D au désir et prétendre l’exhiber sur le forum, cela va directement à l’opposé de l’expérience psychanalytique: nos désirs inconscients sont au contraire parcellaires, contradictoires, tyranniques, presque inaccessibles en leur fond. Pas plus que le règne du moi le règne du « ça » n’a à voir avec une quelconque liberté. Il y a certainement une libération dans l’analyse, mais elle est plutôt à concevoir comme une plus libre circulation entre les parties de « l’âme », pour parler comme Freud (qui, par parenthèse, ne récuse pas toujours toute comparaison avec la mystique.)

RJ: Comment jugez-vous l’influence de Lacan sur le monde psychanalytique, vous qui avez été son élève avant de vous en écarter ?

JL: J’ai été psychanalysé par Lacan et je ne suis pas homme à le renier. D’autre part, j’ai suivi son enseignement et je connais assez bien son oeuvre. Cela dit, je me suis sans doute moins éloigné de sa pensée qu’il ne vous semble…

Mais par rapport à un groupe où les effets de « psychologie collective » et de leadership sont massifs, ou bien vous êtes classé comme fidèle, et par là même, censé diffuser, sans rien y changer, la pensée du leader, ou bien vous êtes en dehors, et il devient sacrilège d’oser même prononcer: « Lacan a bien raison de dire que… »

Les phénomènes de secte deviennent encore plus graves dans le mouvement analytique, où la confusion est sans cesse menaçante entre « analysé de », « élève de », « adepte de », etc. Cette pente qui mène de l’analyse personnelle à l’allégeance idéologique ne date pas de Lacan, mais les lacaniens sont sans doute ceux qui s’y sont précipités le plus allègrement.

Je m’oppose radicalement à eux lorsqu’ils formulent la doctrine ainsi: la seule véritable analyse est l’analyse de formation (ou analyse didactique). Une psychanalyse, en effet, est profondément dévoyée lorsqu’elle accepte, comme pacte de base, un but étranger à son processus même, fût-ce le but de devenir analyste !

 

Que nous reste-t-il de Marx et Heidegger ?

Nos larmes pour pleurer à supposer que nous leur ayons apporté un peu de crédit.

Une anecdote, pour commencer, qui mérite toujours d’être rappelée : en 1919, Freud avait rencontré un fervent communiste qui lui avait dit que l’avènement du bolchevisme amènerait quelques années de misère et de chaos, mais qu’elles seraient suivies de la paix et de la prospérité universelle. Dubitatif, Freud lui avait répondu qu’ il croyait à la première partie de ce programme, mais que la seconde relevait de la psychiatrie, comme toute forme d’utopie. Freud considérait l’histoire comme un système clos, sans probabilités inconnues. Ce qui va se passer est ce qui s’est passé. Plus encore que des  restaurations, l’histoire se nourrit de reproductions fidèles. D’où le dédain de Freud pour l’avenir et son pessimisme roboratif. Comme Marx semble naïf à côté de lui !

On ne répétera jamais assez à cette occasion la vieille blague soviétique : « Un communiste, c’est quelqu’un qui a lu Marx. Un anticommuniste, c’est quelqu’un qui l’a compris. »

Le monde entier en était revenu, mais les intellectuels français, comme pour Marx, continuaient à voir en Martin Heidegger un héros de la pensée. Il aurait certes commis de son propre aveu « une grosse bêtise » en flirtant avec le nazisme, mais sa pensée volait à une telle altitude, tel l’aigle sur la Forêt Noire, qu’il ne fallait pas s’arrêter à des détails aussi mesquins pour le juger. Il n’avait pas été compris. Il ne le serait jamais, sinon par des esprits malveillants ou bornés.

Guillaume Payen, philosophe et historien, ne s’en est pas laissé conter : son Heidegger, catholicisme, révolution, nazisme, vaste et passionnante enquête sur la vie et l’œuvre du philosophe, sonne le glas de son nationalisme militariste et son rêve de domination allemande de toute la terre portés par un dépassement de la métaphysique qui, au travers d’une méditation avec Hölderlin et d’une explication avec Nietzsche, allaient sauver l’Occident de la mort spirituelle qui le guettait. En des termes plus simples, Hitler pensait de même, agissant en conséquence, inquiet, comme Heidegger, de l’enjuivement de son peuple et soucieux de son rôle historique prééminent. Là encore, Freud nous a beaucoup appris sur les liens entre paranoïa et philosophie. Mais ni Heidegger, ni Hitler ne lui ont prêté la moindre attention : les délires sont tellement plus exaltants. Ils le sont aujourd’hui encore, sous une forme qui n’est pas moins terrifiante : chaque génération a droit à ses accès de folie avant de vider la coupe de l’amertume.

 

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Et comme l’Histoire nous sert souvent les mêmes plats, il n’est pas interdit de s’interroger sur l’islam, « ce communisme du vingt et unième siècle » selon la formule de Jules Monnerot, dont le Coran n’a rien à envier au Manifeste de Marx et d’Engels ni à Mein Kampf en matière de totalitarisme. La plus grossière erreur que nous ayons commise est sans doute de placer sur le même plan le judaïsme, le christianisme et l’islam, rendant, par là-même, impossible la critique du Coran.

La seule chose à retenir de l’Histoire, c’est qu’on n’apprend rien d’elle.

Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 7/7

7. La psychanalyse en accusation

 

 
En voulant ménager son ancien ami, c’est la psychanalyse, cette thérapie de riches oisifs, que Freud va conduire momentanément au banc de l’accusation. Et même un freudien aussi inconditionnel que Kurt Eissler regrettera la pusillanimité dont le Maître a fait preuve à cette occasion. À défaut de « forfaiture », il aurait pu établir qu’il y avait eu de la part de Wagner-Jauregg une faute professionnelle. Mais il aurait fallu pour cela qu’il  prît  nettement parti pour le lieutenant Kauders, ce qu’il se garda bien de faire.

Bref, le deuxième jour des débats fut une victoire complète pour Wagner-Jauregg et la Commission renonça à le poursuivre, ce qui suscita l’indignation d’Alfred Adler. Une fois encore, une solidarité invisible entre détenteurs du savoir et du pouvoir avait joué. On sait qu’elle est presque impossible à briser.

Signalons pour la petite histoire que le lieutenant Kauders devint un éditeur puissant en Allemagne, avant de devoir émigrer, en 1933, aux États-Unis. Là, il s’occupa de la publicité pour une grande entreprise et écrivit des livres pour enfants. Selon Eissler, c’était un homme d’une honnêteté exceptionnelle, rebelle à toute forme d’injustice et qui pensait que « vivre avec les autres est un jeu d’enfant…alors qu’il est tellement difficile de s’entendre avec soi-même… »

Je présume, ajoutait-il ironiquement, que c’est particulièrement vrai pour les psychiatres. Quant à Wagner-Jauregg, il ne pardonna jamais à Freud de ne pas avoir totalement épousé sa cause et, dans l’autobiographie qu’il rédigea à la fin de sa vie, il évoquait encore avec amertume cette « expertise vraiment défavorable. »

 

 

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Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 6/7

6. Freud entre en scène…

Après avoir écouté les explications de Wagner-Jauregg, le président de la Commission demande à entendre l’expert officiel : Sigmund Freud. Ce dernier est plutôt embarrassé : il tient à la fois à ne pas charger son ancien ami et à se démarquer des pratiques de son confrère. Autant vouloir résoudre la quadrature du cercle. Il commence par reprocher à Wagner-Jauregg d’étendre un peu trop le cadre de la simulation. Il feint de s’interroger : « Est-ce au psychiatre de jouer le rôle de mitraillette à l’arrière du front, rôle qui consiste à refouler les fugitifs », même si c’est ce qu’attend de lui l’administration militaire ? Bien des médecins, précise-t-il, ont abusé à cette occasion, non sans cruauté, de leur puissance. 
Mais il ajoute aussitôt que ce ne peut être le cas de Wagner-Jauregg : il le connaît depuis trente cinq ans et sait que « le sentiment humanitaire est pour lui le moteur du traitement des malades. » Karl Kraus, le pourfendeur de l’hypocrisie viennoise, qui suivait le procès, n’a pas manqué de ricaner. 

  
En fait, pour Freud, l’erreur de Wagner-Jauregg n’est pas d’avoir posé un diagnostic hâtif et, selon toute vraisemblance, erroné, ni même d’avoir soumis le lieutenant Kauders à des traitements qu’il juge certes pénibles (lui-même a pratiqué l’électrothérapie), mais bien d’avoir ignoré la psychanalyse et de ne pas s’en être inspiré dans ses thérapies. Ce à quoi Wagner-Jauregg a beau jeu de répondre : « Aucun simulateur ne vient se faire traiter chez le professeur Freud, tandis que, dans ma carrière, j’ai eu de nombreuses occasions de traiter les simulateurs. De plus, j’ai eu au cours de la guerre de riches expériences qui ont fait défaut au professeur Freud. »

Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 5/7

5. Ce qu’en pense Wagner-Jauregg

Wagner-Jauregg ne nie pas les faits : il en donne simplement une interprétation différente. L’électro-thérapie, dit-il, ne comporte aucun danger et se révèle souvent fort efficace. Les vomitifs également. Son travail consistait à distinguer les vrais traumatisés de guerre des simulateurs, et il demeure persuadé que le lieutenant Kauders était un menteur.

 

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Bien entendu, il ne lui serait jamais venu à l’idée que, si Kauders usurpait le rôle de malade, lui-même usurpait celui de thérapeute et qu’on aurait pu le qualifier de « tortionnaire » ou de « criminel de guerre ». Il était, au contraire, gravement affecté par des accusations qu’il jugeait sans fondement. Il avait accompli son devoir, un point c’est tout.

Bien des années plus tard, cependant, dans un accès d’honnêteté, il écrira dans son  auto-biographie : « Si tous les simulateurs que j’ai traités à l’hôpital, souvent de façon assez dure, s’étaient présentés pour m’accuser, cela aurait donné lieu à un procès impressionnant. »

Que l’aveu est facile quand la faute est oubliée !

 

Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 4/7

4. Le profil de Walter Kauders.

La confrontation eut lieu dans les bâtiments du Parlement, les 14 et 15 octobre 1920. Les principaux documents relatifs à l’affaire Kauders sont connus et ils ont été souvent reproduits, notamment par le directeur des Archives Freud, le psychanalyste Kurt R. Eissler. Ce dernier a même eu la chance de se lier, à partir de 1953, avec Walter Kauders à New-York. Les deux hommes ont beaucoup parlé et Eissler a ainsi pu vérifier les assertions de Kauders. Il le décrit comme un patriote, monarchiste de cœur, plutôt conservateur, qui aurait pu, sans la moindre difficulté, se soustraire aux obligations militaires – en 1914, il vivait et travaillait en Suisse – mais qui partit au front avec enthousiasme, se battit courageusement, fut blessé à plusieurs reprises, puis rendu progressivement à la vie civile.

En dépit de ses migraines et de sa difficulté à marcher, il sera convoqué par une Commission militaire qui décide de soumettre son cas à la sagacité de Wagner-Jauregg avant de statuer définitivement sur son sort. C’est dans ces circonstances que le lieutenant Kauders expérimentera les électro-chocs, ainsi que diverses substances nauséeuses et vomitives. Durant les deux mois passés dans la clinique universitaire, il tient le journal des « traitements » qu’il subit. Il le publiera après la guerre dans une revue militaire.

 

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Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 3/7

3. Sévices ou thérapie ?

 
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On accuse Wagner-Jauregg d’avoir humilié et torturé les soldats internés dans la clinique universitaire qu’il dirigeait. La presse de gauche se déchaîne contre lui.

Le journal Der Freie Soldat écrit:

« Le traitement des névroses de guerre est l’un des chapitres les plus atroces des soins apportés aux malades militaires autrichiens. »

Et un jeune lieutenant, Walter Kauders, porte plainte: enfermé pendant soixante-dix-sept jours avec de vrais fous, il aurait subi comme ses camarades des décharges électriques d’une violence inouïe. On l’aurait traité de vulgaire simulateur, alors qu’il avait été blessé à la tête. Et on n’aurait eu de cesse, après avoir tenté de le démasquer, de le renvoyer au front.

Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 2/7

2. Les deux protagonistes

Il y aurait une biographie comparée à écrire de Freud et de Wagner-Jauregg. Ils se connaissent de longue date, se tutoient et se respectent. Ils ont étudié la médecine ensemble avec les mêmes maîtres. Mais alors que Freud invente un nouveau rôle pour le psychiatre, celui de représentant des intérêts de son patient, et défriche un nouveau continent, l’inconscient, Wagner-Jauregg, lui, endosse les vêtements du psychiatre traditionnel. Il n’entend pas renoncer à son identité médicale. Rien d’étonnant dès lors si Freud se voit attribuer le prix Goethe en 1930 pour les qualités littéraires de son œuvre et si Wagner-Jauregg reçoit le prix Nobel de médecine en 1928 pour avoir trouvé un traitement, la malariathérapie, contre la syphilis. Freud mourra en 1939 à Londres et Wagner-Jauregg une année plus tard, à Vienne.
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La postérité retiendra le premier et oubliera le second. En 1920, cependant, Wagner-Jauregg est considéré comme l’une des plus éminentes personnalités scientifiques de son temps. Il dirige un hôpital et enseigne à l’Université. Et le voici sommé de se justifier devant une Commission d’enquête  et menacé de forfaiture. Que lui reproche-t-on au juste ?

Freud contre Wagner-Jauregg, épisode 1/7

Comment les deux sommités médicales viennoises s’affrontèrent après la Première Guerre mondiale.

 

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1. La marque du « démoniaque »

En 1920, Freud a soixante-quatre ans. Dans Au-delà du principe de plaisir, il jongle avec des concepts explosifs – la compulsion de répétition, la réaction thérapeutique négative, la pulsion de mort – qui bouleversent la psychanalyse et signent la marque du « démoniaque », c’est-à-dire d’une force irrépressible, indépendante du principe de plaisir et susceptible de s’opposer à lui. On chuchote à Vienne que la guerre et l’effondrement de l’empire austro-hongrois ne sont pas étrangers à ce remaniement théorique qui débouche sur un pessimisme absolu. On ignore que Freud est atteint d’un cancer de la mâchoire et que bientôt l’Histoire, toute aussi cruelle, le contraindra à l’exil.

L’insouciance et la frivolité ne sont plus de mise dans l’Autriche de l’après-guerre : on cherche des responsables et, par conséquent, des coupables de la défaite, de la souffrance et du désarroi d’un peuple. À Vienne, cette « Capoue des esprits », on délaisse les cafés et les guinguettes pour les tribunaux. On ne parle plus d’amour, mais de justice. Le Parlement crée des commissions d’enquête. Et c’est devant l’une d’elles que Freud comparaîtra en tant qu’expert. L’accusé n’est autre qu’un de ses anciens condisciples à l’Université, le professeur Wagner-Jauregg.