Clément Rosset, Cioran et les talons aiguilles…

Une lettre de Clément Rosset…

 

Cher RJ, 

 

Bravo pour ton livre. C’est un petit vent frais qui balaie les miasmes de la bêtise ambiante. Nous n’avons jamais été de la même humeur, mais je souscris 20/20 à tous tes jugements et appréciations. C’est d’ailleurs ce que je disais à Cioran le rare jour où nous avons causé (2 minutes) philosophie… Je lui avais dit: « vous savez que je pense exactement le contraire de ce que vous pensez. Et cependant, je suis d’accord avec tout ce que vous écrivez. »

Il m’avait répondu, consterné: « Comment faire autrement ? C’est la vérité. »

 

Amitiés,

 

Clément

 

image1

Publicités

Christiane Taubira chez Laurent Ruquier

Juste après sa démission du gouvernement, Madame Taubira ne pouvait pas rater son rendez-vous avec son fan club Ruquier-Salamé-Moix, tous trois pétris d’admiration et de respect pour cette « icône de la gauche », ce qui aurait pu devenir pesant si elle n’avait pas aussitôt pris le parti de l’insolence en se moquant de la vacuité des questions de Ruquier et en appelant Yann Moix « Monsieur Moi » et Léa Salamé, « Salomé ». Mais quand on est porté par une telle ferveur, on ne s’en offusque pas. Et Madame Taubira aurait pu sortir triomphante de On n’est pas couché.

Sauf que…

Sauf qu’elle a fini par lasser tout le monde avec un son irrépressible désir d’occuper le terrain et de ne jamais laisser à ses interlocuteurs la possibilité de déceler la moindre faille dans son armure. Sans doute a-t-elle lu le petit livre du philosophe Schopenhauer, L’Art d’avoir toujours raison.  Et elle l’a mis en pratique avec brio, mais en oubliant que l’élégance suprême consiste parfois à donner raison à ceux qui tentent, maladroitement certes, de vous mettre en difficulté. Une humilité, même feinte, attire plus la sympathie qu’un orgueil démesuré. Comme Madame Taubira n’en finissait pas de dresser un bilan somptueux de ses quatre années comme Garde des Sceaux, j’ai fini par éprouver une infinie compassion pour François Hollande, Manuel Valls et tant d’autres qui devaient s’étrangler en subissant son flot de paroles et n’avoir plus qu’une envie : la faire taire. Ou filer à l’anglaise.

 

-
Cioran disait que ce qui vous tenait à cœur, on ne pouvait que le murmurer à l’oreille d’agonisants. J’ignore de ce que murmure Christiane Taubira à la jeunesse, mais sa manière de revenir de manière pompeuse sur les symboles de la République et sur les principes relève plus du mauvais théâtre que de la conviction intime. Ce qu’on perçoit dans son discours, c’est qu’elle et elle seule veut être un Symbole de la Gauche, alors qu’elle n’en est juste que le bulldozer. Quand ce n’est pas le bouledogue.

De l’influence des intellectuels sur Alfred Eibel

couv_influence_v4.3Cinquante petites chroniques terribles sont ici rassemblées pour la délectation du lecteur. Roland Jaccard s’amuse à retirer cannes et béquilles à ceux qui s’appuient sur des certitudes, des usages, des postures ou des contrevérités. Il dynamite quelques fondations, fait le ménage parmi nos illusions, accablé qu’il est, on le sent bien, par la connerie, virus dont on n’a pas trouvé l’antidote. L’humour y trouve son compte ajouté à une bonne dose de rosseries pour le confort du lecteur. D’ailleurs le lecteur perspicace ne peut qu’applaudir des deux mains devant tant de situations pas piquées des hannetons, devant tant de toges soulevées, car c’est dans les coulisses des penseurs qu’on découvre leurs simagrées. Chère Europe, son but déclaré est de saper le navire qui assure sa traversée et l’on sait que rien ne pourra la faire changer de direction. L’Europe sait tout, rebondit sur d’antiques idéologies, sur des fantasmes, persuadée que le chemin indiqué par ses apparatchiks nous mènera vers la lumière. Le grand art de quelques penseurs est de travestir la vérité. Ils sont ce qu’on appelle en allemand Betriebsblind, traduction « aveugle d’entreprise », prisonniers de schémas anciens, possédant, on s’en doutait, la parole révélée. La vérité, rien que la vérité, est une notion obsolète depuis belle lurette. Penseurs sans foi ni loi, affectant de braver les convenances, celles-ci se présentent comme une suite de petits arrangements entre bandes organisées, autrement dit le parti de la canaille avec en supplément des allures d’aristo, ce que Georges Sanders a si bien décrit dans Mémoires d’une fripouille.

Faisons nos choux gras de Karl Kraus, Peter Altenberg, Henri Roorda, E.M.Cioran, Louis Scutenaire, Pierre Drachline, Léo Slezak et John Kennedy Toole qui, avec La Conjuration des imbéciles, a mis en œuvre la décadence du monde occidental. On retrouve quelque chose de Toole dans le livre de Roland Jaccard notamment quand celui-ci écrit : « L’agonie d’une civilisation tient aussi au fait qu’elle a perdu ses défenses immunitaires. Elle ne sait plus comment se défendre, ni pourquoi elle devrait le faire ». Ce livre plein de sarcasmes comme autant de corbeaux croassant, appartient à un genre typiquement viennois appelé blödeln, difficilement traduisible, dont l’équivalent français serait celui-ci : faire l’idiot. Un personnage de Dostoïevski. Sauf que les propos désordonnés du personnage russe n’en demeurent pas moins prémonitoires. Je « suppose avec certitude » que Roland Jaccard a plus appris en fréquentant les bergers des Carpathes qu’en fréquentant les malins de Paris. Il en ressort que les tyrans d’aujourd’hui et de demain construiront sur la planète entière des parcs d’attraction composés d’une variété infinie de massifs de fleurs de toutes les espèces. Le peuple sera amené à s’y promener à heure fixe avec obligation d’admirer cet épanouissement floral et de pousser des cris de joie. Pendant ce temps, le tyran prendra seul ses décisions pour le bien-être de sa personne, de sa famille, de ses proches. Le peuple ? Une idée périmée. Les participants mis en cause dans ce livre n’ont qu’à bien se tenir : Roland Jaccard est un redoutable escrimeur.

 

Alfred Eibel

Néonihilisme contre boyscoutisme planétaire

 

Ricanements et sarcasmes : telles seraient les armes favorites des « néonihilistes ».

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, « néonihilistes » c’est le mot savant que certains commentateurs peu inspirés de la vie politique ont trouvé pour désigner ceux qu’on appelle – tout aussi sottement – les « néo- réactionnaires », Eric Zemmour et Alain Finkielkraut en tête. Héritiers des ultralibéraux et des néoconservateurs, mais totalement désabusés, ces « néonihilistes » auraient pour seul objectif leur gloriole. Tous les moyens leur sont bons pour l’obtenir, depuis la stigmatisation de l’islam jusqu’à leur complaisance à l’égard des populismes. Arborant volontiers une touche de racisme à leur boutonnière, ils jouent habilement aux boutefeux avec une insouciance de sales gosses. Un parfait exemple de la méthode éprouvée consistant à caricaturer ses adversaires pour ne pas avoir à se donner la peine de leur répondre.

L’autre tribu se dévoue inlassablement aux nobles causes – et Dieu ou le Diable savent qu’elles ne font jamais défaut. Spontanément acquis à la cause des victimes, ces citoyens responsables, soucieux de la complexité des problèmes, conscients que leurs idéaux sont hors de portée, mais débordants de bonne volonté. On les imagine ensemble, le soir, lisant Indignez-vous ! de Stéphane Hessel en hochant la tête. Le printemps arabe les réjouit, mais ils ne se demandent jamais pourquoi les révolutions font fuir les révolutionnaires.

Il y a dans le vaste monde beaucoup de ces spécimens qui participent tous plus ou moins de ce que j’appellerai le boyscoutisme planétaire. Je les admire et regrette parfois de ne pas être comme eux. La bonne conscience, quand même, ce n’est pas rien. Mais en dépit de tous mes efforts, je ne parviens pas à m’indigner.

Le boyscoutisme planétaire, chacun sait ce que c’est. Inutile de l’expliquer. Alors qu’ils n’en finissent plus de définir le néonihilisme, dans un souci pédagogique poussé jusqu’à la référence à un sophiste du Vème siècle avant J.C., un certain Gorgias qui lui non plus ne s’embarrassait pas de nuances. Car pour ceux-là tout est dans la nuance, sauf sur les sujets qui fâchent : les droits de l’Homme, le respect de l’islam, la peine de mort, la colonisation, l’immigration… Il y a des questions qui ne se discutent pas, à moins d’être néonihiliste ou populiste. Sans oublier toute celles qu’il vaut mieux éviter car leur évocation pourrait être blessante pour les uns ou les autres. Ces ardents défenseurs de la liberté d’expression seraient pour que l’on décrète une fois pour toutes que les valeurs qu’ils défendent font partie de l’héritage spirituel de l’humanité et ne sauraient, à ce titre, être remises en question.

Ils veulent aller de l’avant : croient en l’idée de progrès, pas comme les « néonihilistes » qui considèrent que c’est un attrape-nigauds. Nous avons là des hommes responsables, ils veulent sortir du nucléaire, laisser une planète propre à leurs enfants. Ces hommes, sympathiques par ailleurs, n’ont aucun tabou, car l’idée même du négatif leur est étrangère. Ils n’envisagent pas que la vertu est le pire des vices et que « vivre » et « être injuste » sont synonymes. Ils ont combattu les libéraux, style Blair. Ils exècrent W. Bush, Wolfowitz et les autres néo-cons. Ils ont été déçus par l’apathie d’Obama qui n’a même pas tenu sa promesse de fermer un des pires symboles de la barbarie américaine : Guantanamo. brigittebardot

Mais ce qu’ils ne supportent vraiment pas, ce sont ces « néonihilistes » qui font l’apologie du rien. Ils les redoutent, ces hordes sauvages perturbent leurs nuits. Ils peinent à les comprendre, ce qui est regrettable mais plutôt banal chez les boy-scouts.

Portons-leur secours en rappelant qu’il y a cent ans naissait Cioran, le Vandale des Carpates, et que pour se mettre un peu à la page il ne serait pas inutile qu’ils le lisent. Cela leur éviterait de caricaturer la pensé qu’ils définissent comme « néonihiliste » et de considérer ceux qui s’en réclament comme des filous ne rêvant que de passer à la télévision.

 

 

La suite, et d’autres déclarations d’amour au néant, dans De l’influence des intellectuels sur les talons aiguilles.

 

Cioran et Leopardi: l’homme est un animal taré…

Dans une revue italienne,  Mario Andrea Rigoni qui fut l’ami et le traducteur de Cioran – et également un des meilleurs connaisseurs de Leopardi – dit ce qui unit ces deux penseurs et il le dit si bien que je lui laisse la parole.

Cioran et Leopardi partageaient l’expérience capitale de l’ennui, c’est-à -dire du sens de la vacuité universelle des choses qu’ils percevaient…non seulement au niveau de leur pensée, mais de leur chair même. C’étaient tous deux des sceptiques, dépourvus de toute illusion, bien qu’ils aient reconnu la nécessité de celle-ci pour la vie et pour l’histoire. Ils voyaient l’homme comme un animal taré dés l’origine et ayant quitté la voie de la nature jusqu’au point de constituer une anomalie menaçante marchant fatalement vers sa propre destruction. Telle fut la cause première de leur anti-historicisme et de leur anti-humanisme radical.

Si l’on n’a pas qu’entrevu cela, autant renoncer à lire Leopardi, Schopenhauer ou Cioran. Les innombrables ouvrages sur le développement spirituel et l’amour des enfants –  j’ai pu vérifier de visu l’horreur qu’inspirait la procréation à Cioran quand mon ami Christian Delacampagne est venu lui rendre une visite accompagné de sa femme enceinte – devraient suffire en cette période de Noël qui est un vrai cauchemar pour tout nihiliste conséquent… à moins qu’il n’ait suffisamment d’humour et d’argent pour se cloîtrer dans un palace helvétique.

cioran
C’est d’ailleurs ce à quoi Cioran aspirait.

Libération des moeurs et anti-psychiatrie

À propos de l’Iran et pas uniquement de l’Iran khomeyniste, nous avons évoqué ces questions qui resteront à jamais sans réponse: les masses ont-elles raison de se révolter ? Et si oui, les intellectuels doivent-ils les soutenir ? Pour un homme de gauche, cela va de soi. Pour des jeunes enfiévrés de lyrisme révolutionnaire également. Mais ils oublient que souvent, le plus souvent. La révolte des masses est une réaction contre le modernisme et le libéralisme. Ce qu’elles veulent vraiment, c’est le retour aux valeurs traditionnelles, à l’archaïque. La peur de la liberté ne serait-elle pas le moteur de l’Histoire ? J’ai dit à Foucault que dès lors qu’il est question des masses mon esprit s’enténèbre. Cela l’a amusé. Il m’a confié alors qu’il n’avait jamais été marxiste, ni même structuraliste. « Et pas non plus freudien » a-t-il ajouté en me regardant d’un air moqueur. « Peut-être ne sommes-nous que deux provocateurs. Moi dans le vide. Vous dans le tourbillon du siècle, ai-je répliqué. Il a alors éclaté de rire.

Nous sommes finalement arrivés à la conclusion qu’il y a un domaine où il faut être ferme et ne jamais lâcher du terrain: celui de la libération des moeurs. Il m’a dit combien le fait de voir de jeunes couples d’homosexuels à San Francisco faire leurs courses le matin le touchait. Il estime que, sur ce plan, depuis 1969, nous avons fait du bon travail en France, « même si nous avions beaucoup déconné ». Et il ne s’est pas privé de brocarder certains groupes féministes. Il avait pris depuis longtemps déjà ses distances avec la vulgate anti-autoritaire  – « le refrain de la chansonnette anti-répressive » – et était excédé d’être copié par une jeunesse en mal de slogans.

François Bousquet dans son livre pose une question pertinente: que ne s’est-il inquiété plus tôt du risque de piratage philosophique de son œuvre auquel l’exposaient ses simplification outrancières et ses partis pris sans nuance ? J’y répondrai  à sa place: ce n’était pas son genre. Ce n’était pas non plus celui de l’époque,  même s’il avait toujours une longueur d’avance sur elle. Et poserait-on la même question à Nietzsche, à Cioran ou à Caraco… bref, à tous les penseurs intempestifs qui sont d’ailleurs les seuls qui valent d’être lus ? Foucault a choisi pour demeures le crime et la folie, la subversion et le délire et non la maison de retraite ou la conformité à quel que discours que ce soit, appliquant avec jubilation le premier droit de la Constitution française selon Baudelaire: le droit de se contredire. J’ai toujours eu la faiblesse de penser que c’est à cela que l’on reconnaît un esprit libre. J’en ai rencontré trois dans ma vie : Cioran, Szasz et Foucault. Sans doute y en a-t-il eu d’autres. Mais je les ai oubliés. Ou alors le style leur faisait défaut.foucault2

À propos de la folie, nous nous sommes demandés pourquoi l’anti-psychiatrie n’intéressait plus personne. « C’est peut-être parce qu’elle est passée dans la pratique », a-t-il suggéré, cependant que je me moquais discrètement de son optimisme incongru. Il m’a appris que Ronald Laing avait traduit son Histoire de la Folie en anglais dans une version dépourvue de notes et sans appareil critique, la réduisant ainsi à un bref volume beaucoup plus palpitant que dans son édition française. « Voilà ce que j’aurais dû faire ! Et me débarrasser de mes réflexes et scrupules de normaliens ! » Je lui ai fait remarquer qu’il y était parvenu beaucoup mieux que d’autres et que ce qui séduirait encore longtemps dans son œuvre, ce serait moins ses considérations sur la mort de l’homme – « cette invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente et peut-être la fin prochaine » – même si c’est une intuition géniale, que sa quête d’un Eldorado de la perversion qui le rapproche plus de Proust, voire de Sade, que d’autres gloires de la French Theory.

Puis, nous avons encore évoqué Ronald Laing qui soutenait que face à un malade mental en plein délire, un prêtre qui priait était beaucoup plus efficace et rassurant que n’importe quel psychiatre. J’ai voulu alors savoir ce qui avait amené le jeune Foucaultu à s’intéresser à la folie. Une brève réponse figurera au prochain numéro.

Michel Foucault dans mes souvenirs…

Il arrive parfois que ma mémoire se brouille. Je me souviens parfaitement de ma première rencontre avec Gabriel Matzneff à la piscine Deligny – il était encore marié et toujours bronzé – ainsi que de mes conversations passionnées avec Cioran au sujet d’Otto Weininger: enfin, il pouvait parler de l’auteur de Sexe et Caractère, suicidé à vingt-trois dans la maison de Beethoven, à Vienne bien sûr. Nous étions dans notre âme encore des sujets de l’empire austro-hongrois. La France n’éveillait rien de tel en nous.

Michel Foucault était une star. Il vivait tantôt en Californie, tantôt à Paris. Et, contrairement à Cioran, replié et méconnu dans sa mansarde de la rue de l’Odéon, où qu’il aille sa gloire le précédait. La rumeur lui prêtait des mœurs étranges, ce qui le rendait plus fascinant encore. J’avais lu et apprécié son premier livre Maladie mentale et personnalité publié par les PUF dans la collection « Initiation philosophique » dirigée par le philosophe catholique Jean Lacroix. Ce dernier tenait alors le feuilleton philosophique du Monde et n’avait pas hésité à lancer un autre philosophe  tout aussi jeune et peu aguerri: mon ami Clément Rosset. Il lui avait même consacré un feuilleton dans les pages du Monde ce qui allait à l’encontre de toute déontologie, mais qui propulsa Clément dans le ciel de la philosophie. Le livre s’intitulait La philosophie tragique.

En revanche, Maladie mentale et Personnalité (1953) faisait figure, dans l’œuvre de Michel Foucault, de vilain petit canard et lui-même considéra ce livre comme une erreur de jeunesse: il l’amputa considérablement dans sa réédition de 1962 et cet essai ne figure pas dans La Pléiade. Ses exégètes ont préféré l’ignorer: avec son marxisme résiduel il faisait tache dans l’œuvre de Foucault. Si je l’évoque, c’est sans doute parce que nous en parlâmes longuement quand il accepta de lire et de corriger mon Que sais-je ? sur la Folie, ce dont je lui serai éternellement reconnaissant. Mais j’ai beau fouiller dans les recoins de ma mémoire, je ne parviens pas à ressusciter le moment précis où la rencontre eut lieu et moins encore dans quelles circonstances. Peut-être était-ce en compagnie de Thomas Szasz, le psychiatre américain auquel il était très lié et que je considérais comme un héritier de Karl Kraus. Peut-être à l’occasion d’un film que nous tournâmes pour la télévision suisse italienne… C’était, bien sûr, dans les années soixante-dix, ces années qui virent éclore l’anti-psychiatrie. Il eut été impensable que l’auteur de L’Exil intérieur et celui de L’Histoire de la Folie ne se rencontrent pas. Michel Foucault1978 par martine franck

Par contre, je me souviens très bien de ce qui se passa chez lui, rue de Vaugirard, quelques années plus tard. Le 17 décembre 1983 très précisément..