APOLOGIE DU MENSONGE …

Georg Simmel disait que si le mensonge, d’un point de vue éthique, a une valeur négative, sa signification sociologique est extrêmement positive : la limitation de la connaissance réciproque, le recours à la dissimulation font partie des mouvements d’évolution et de réaction nécessaires dans les relations humaines. Jeannine Worms écrivait, sur la même voie, qu’il faut « choisir le mensonge, qui sait qu’il est erreur, et non pas l’erreur, qui se prend abusivement pour la vérité ».

À partir de quelques exemples, dont celui de Christophe Colomb, qui ne développe ni ne cherche à confirmer une théorie, mais est mu par une idée fixe, et s’obstine dans son erreur par conséquent, on peut définir le mensonge comme moyen d’échange dans une perspective de vérité envers soi. Le mensonge se contente de vouloir tromper sans se tromper. Le mensonge fait l’homme : « C’est à partir de la somme de mensonges dont est capable un homme, à partir de son style de mensonges, que l’on juge son degré d’accomplissement. »

Florence-Ajaccio-LippiAinsi peuvent être revisités tous les grands paradoxes : l’amour est la première des escroqueries, le suicide un moyen de se débarrasser de l’épouvante de la mort, la philosophie est la fille de la frousse et l’oeuvre d’art la transsubstantiation de la débilité des hommes. Pour plus de précisions, nous nous référerons à l’élégance de Baltasar Gracian, à l’antisagesse de Roger Caillois et à la véhémence destructrice de Cioran, pour fermer le cercle prisé des contempteurs de l’existence.

MAL AU COEUR …

Notre vie sentimentale, disait un humoriste viennois de ma connaissance, se divise en trois misérables chapitres : rêveries dérisoires, tentatives infructueuses et triomphes sans valeur. Et, passé vingt ans, nul n’ignore qu’il n’y a que la rencontre et la rupture qui soient intéressantes. Le reste n’est que remplissage, une morne façon de tuer le temps en s’illusionnant sur l’éclat ou les vertus du prince ou de la princesse charmant(e), que, dans un instant d’aberration ou de profonde dépression, nous avons paré de toutes les qualités.

Dans Petite philosophie de l’amour, Alain de Botton, spécialiste de la question, écrivait par exemple que « Nous n’aimerions pas s’il n’y avait en nous une sensation de manque, mais paradoxalement, nous nous irritons de constater le même manque chez l’autre. »

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Toute histoire d’amour débute par une rencontre, en général fortuite, mais dont nous avons la certitude qu’elle a été décidée par les dieux. L’espérance d’un destin n’est jamais aussi forte que dans notre vie sentimentale. Pour échapper au lugubre cycle de nos mutuelles incompréhensions, il nous faut croire qu’un jour ou l’autre, le miracle se produira.

Le parcours est fléché, les pièges sont nombreux et toute histoire d’amour, avant même d’avoir commencé, est déjà finie : des centaines de films, d’ouvrages de psychologie, de romans, ainsi que notre modeste expérience révèlent que dans l’éternel combat contre la lucidité et la passion, c’est presque toujours la première qui l’emporte. Par définition, la connaissance est du côté du cynisme.

Évidemment, dès que l’amour est payé de retour, la question se pose : « qu’ai-je bien pu faire pour mériter cela ? ». Avec la possession débute l’ère des désenchantements, couronnée par le ricanement de Groucho Marx soufflant à notre oreille que lui, au moins, ne concevait pas d’adhérer à un club qui l’accepterait comme membre. Les divergences en matière de musique, de cinéma, de lectures, et, plus importantes encore, en matière d’habillement, du choix des chaussures et de la présence ou non de vernis à ongles, sont les trompettes de la rupture. Quand celle-ci survient, nous combattons bien vite la tentation romantique du suicide par un nouvel attrait pour un ou une nouvel(le) inconnu(e).

Le vagabond de Spoon River …

Ezra Pound disait de lui qu’il était le seul poète qui sache écrire en Amérique …

Un drôle de type, cet Edgar Lee Masters. Il nait à Garnett, dans le Kansas, en août 1869. Son père le nourrit de grec et de latin avant de l’envoyer faire ce qu’il avait fait lui-même : des études de droit. Edgar Lee Masters promènera pendant des décennies sa silhouette hautaine de prince du barreau, et de poète secret, dans les cercles les plus huppés de Chicago. Il arbore un panama, fume du Prince-Albert dans une pipe qui ne cesse de s’éteindre et proclame que l’étude du droit a été pour lui « un passage aux rayons X, comme une table de produits chimiques. »

On le tient, à Chicago, dans les milieux littéraires, pour un dilettante. Jusqu’au jour où une revue de Saint Louis lui envoie L’Anthologie palatine, recueil des plus belles épitaphes du monde antique. Et pourquoi pas une anthologie américaine ? Edgar Lee Masters compile aussitôt les deux cent cinquante épitaphes de la petite ville de Spoon River. Sur les tombes, les secrets d’une vie sont dévoilés, ultimes confessions d’une ironie lucide et cinglante. Le vice, la concupiscence, le crime, et pire que tout, la banalité hypocrite et grossière du quotidien, s’étalent dans ces autoportraits funéraires.

Comme dans le récit de Dostoïevski, Bobok, les morts se lèvent un à un et, affranchis de toutes les conventions, mettent leur âme à nu. Nous sommes en 1915 et le livre de Lee Masters fait scandale. Il rencontre un succès tel que l’auteur est conscient d’avoir « atteint les sommets de l’art et respiré le même air que les grands maîtres ». Il abandonne les tribunaux et s’installe à l’hôtel Chelsea, le repaire de la bohème new-yorkaise, où il entend faire oeuvre.

C’est comme un forcené qu’il écrit des pièces de théâtre, une biographie à charge d’Abraham Lincoln, des hymnes à la sodomie et à la fellation, quelques poèmes bouleversants sur le crépuscule d’une idole, lui-même, que le succès et la vie abandonnent peu à peu.

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« Et, le temps passant, j’ai pris mes repas chez Mayer,

À la sauvette comme un don Juan gris,

Sale, édenté, fini, au rancart … 

Il y a ici une grande ombre qui chante,

Une certaine Béatrice,

Et je vois maintenant que la force qui a fait sa grandeur

M’a mis au ban de la vie. »

Béatrice a trente ans de moins que lui. Elle est féline, comédienne et explosive, elle veille sur ce vieillard édenté, qui arbore toujours son panama et n’a plus toute sa tête.

« On vous donne soixante-dix ans pour faire votre jeu.

Si, dans ce laps de temps, vous n’avez pas gagné

Vous ne gagnerez jamais. »

Edgar Lee Masters a gagné, mais il ne le sait pas, il l’a déjà oublié. Il meurt discrètement, en mars 1950. Il reposait déjà, depuis 1915, dans le cimetière de Spoon River. Toutes les épitaphes ont été écrites.

Spoon River, par Edgar Lee Masters, réédition chez Allia.

LE CURÉ MESLIER, EXORCISTE DANS L’ÂME …

meslier3Le curé Meslier ne croyait ni en Dieu, ni en l’âme, ni à aucun dogme de l’Église. Il serait fort surpris d’assister à ses multiples résurrections. Né en 1664 dans un village des Ardennes, mort en 1729 dans un autre village des Ardennes, il n’a laissé pour trace de sa minuscule odyssée qu’un manuscrit posthume, blasphématoire et sacrilège, d’une violence révolutionnaire et anticléricale qui lui vaudra d’être découvert par Voltaire, pillé par Diderot, cité par Pouchkine, détourné en mai 68 et redécouvert dans les années 2000 grâce à Armand Farrachi.

Cet étrange personnage fut tour à tour considéré comme un Spinoza à l’état sauvage, un Douanier Rousseau de la conscience européenne ou un Saint-Simon de la glèbe, saisi par une frénésie d’écriture la nuit, dans l’urgence de la colère et pour un public à jamais inconnu. Misanthrope, le curé Meslier ne réservait pas ses coups aux puissants, souhaitant, selon une formule qui fit fortune, que « tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux des prêtres », mais à tous les hommes, écoeuré qu’il était par leur servilité et leur cruauté. La légende veut qu’il ait poussé la radicalité jusqu’à se laisser mourir de faim.

Pour Armand Farrachi, les curé Meslier est un précurseur de Thomas Bernhard, élevant le ressassement du dégout au rang des beaux-arts. « Ce soliloque contre le monde est lui-même un monde, épanchement de matière verbale où le discours renonce à la barre de mesure d’un souffle trop humain » écrit Farrachi.

Produisait-il de « l’art brut », ce prêtre sans Dieu, cet écrivain sans public, ce révolutionnaire sans révolution, pourfendeur de la « société du mensonge » ? Si sa voix a traversé les siècles, c’est qu’il parlait, c’est qu’il pensait, du fond de son tombeau : il n’avait rien à perdre.

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À lire : Testament de Jean Meslier, dans une énième réédition chez « Ultraletters »

UN PESSIMISTE SOUS LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE …

ChallemelUn écrivain qui, après avoir achevé son oeuvre, renonce à la publier, mérite notre sympathie. Ce fut le cas de Paul-Armand Challemel-Lacour dont les Études et réflexions d’un pessimiste furent éditées en 1901, soit cinq ans après sa mort. Sous un titre un peu austère, on découvre une galerie de portraits férocement désabusés : Leopardi, Chamfort, Heine, Schopenhauer, Swift, Pascal se côtoient dans une ambiance tamisée crépusculaire.

Des anathèmes contre le genre humain fusent de toutes parts, et la devise de ce joyeux groupe pourrait bien être celle de Schopenhauer : « Le bonheur est de ne pas naître. »

Cioran m’avait offert ce viatique dès la première visite que je lui rendis, un bréviaire pour âmes ulcérées, un réquisitoire contre le progrès, un éloge de la paresse, de la maladie et de la folie qu’il avait jugé bon de me confier.

Le destin de son auteur avait aussi de quoi intriguer. Challemel-Lacour prouve qu’il est possible d’embrasser le nihilisme sans pour autant être réactionnaire, que la lucidité la plus aigüe ne met pas nécessairement un frein à l’engagement, et même à l’engagement en politique. Brillant normalien, né en 1827 à Avranches dans une famille miséreuse, il avait goûté aux geôles du Second Empire avant d’être condamné à l’exil pendant sept ans pour avoir professé des idées républicaines. Exil fécond. C’est à Zurich, où il enseignait la littérature à l’École Polytechnique, qu’il traduit Leopardi et s’initie à la philosophie de Schopenhauer.

 

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La satisfaction du professeur

« Toute vie est une expiation ; toute forme étouffe son gémissement ». C’est là un extrait de ses écrits de jeunesse. Rien de surprenant dans la séduction qu’exerça sur lui le bossu de Recaneti qui se comparait à une grenouille vêtue de noir.

« Il ne me répugne pas d’interroger ceux qu’on interroge guère, les fous, les malades, les dédaignés, les calomniés ; aussi n’ai-je rien eu de plus pressé que de m’assurer si vraiment Leopardi avait été malade, et j’ai été, je l’avoue, satisfait au-delà de mon attente ; sa vie a été une longue torture, un enchaînement de souffrances sans nom ; j’ai trouvé là où je n’espérais qu’une maladie ordinaire, un malheur prodigieux ; et tant d’infortune m’a fait pressentir aussitôt tout un trésor inconnu de vérité. »

Mais Challemel-Lacour ne se borna pas à faire connaître Leopardi à ses compatriotes. Il les invita à le suivre à l’Hôtel d’Angleterre, à Francfort, pour dîner avec le diable, ou, si l’on préfère, avec Arthur Schopenhauer. Dans un article de la Revue des Deux Mondes, daté du 15 mars 1870, il raconte son pèlerinage à la Mecque du pessimisme et la soirée qu’il passa en compagnie du « vieil Allemand qui, d’ordinaire silencieux, trouva bon ce jour-là d’essayer sur moi l’enchantement satanique de ses raisonnement. »

L’article, intitulé « Un bouddhiste contemporain en Allemagne » eut un tel retentissement que l’on tint Challemel-Lacour pour responsable de l’épidémie pessimiste de la fin du siècle. « Chaque fois que les paroles de Schopenhauer me reviennent à l’esprit, racontait-il, un frisson que je connais bien me parcourt de la tête aux pieds, comme si un souffle glacé sortait de la porte du néant. »

Il n’avait pas seulement rencontré Schopenhauer à l’Hôtel d’Angleterre, mais Diogène et Pyrrhon.

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En 1869, Challemel-Lacour achève ses Études et réflexions d’un pessimiste.

Un an plus tard, après la chute du Second Empire, il participe activement à la reconstruction de la République. Il sera successivement député, ministre des Affaires étrangères et président du Sénat. Dans ses rares moments de liberté, il polit et repolit son livre. Ses amis et proches collaborateurs savaient que cet homme affable, dévoué aux causes les plus généreuses, était profondément désespéré, mais ils ignoraient l’existence de ce manuscrit.

Il y auraient découvert des pages fort drôles sur l’antipathie que suscitaient chez lui les hommes sérieux, les politiciens, mais surtout les philosophes qui écrivent sur la morale avec une plume pleine d’onction et des accents de prédicateurs des beaux quartiers. Toute la littérature pouvait être résumée, selon lui, à une dizaine de grands hommes, qui partagent la même aversion pour le sérieux. « Leur grand souci a été de tuer le temps, de tromper ou d’assoupir l’ennui qui les accablait. Quant à l’immortalité qui leur est échue, ils s’en moquaient. »

 

La haine de l’imprimerie

Pourquoi a-t-il renoncé à la publication de ses études ? Pour ne pas inoculer à la France vaincue le venin du nihilisme ? Parce qu’il jugeait vain de partager des idées dont il savait qu’elles étaient faites pour ne pas être entendues ?

Lui-même y a répondu, à sa manière, dans l’Oraison funèbre de son double, qui ouvre le livre:

« Il a toujours affiché une extrême aversion pour toute espèce de publicité… Je ne lui ai jamais vu le moindre prosélytisme. Était-ce mépris ou respect du public, je ne saurais le dire. Il détestait l’imprimerie et ne croyait pas qu’elle fût le salut de l’humanité. Au lieu de partager le juste enthousiasme que les bienfaits de cette sublime invention doivent inspirer, il la signalait comme l’ère de la décrépitude et comme ouvrant l’ère du plus triste et du dernier des âges, l’âge du papier. Depuis qu’on imprime, disait-il, nous ne faisons plus que nous entregloser ; et ce mot qu’il empruntait à Montaigne résumait tous ses dédains pour notre littérature de seconde main, pour la demi-science et la stérilité du génie que manifeste l’abondance des livres modernes. »

 

 

CIORAN SAISI AU VOL …

Je ne peux plus dire le mot « Moi » sans rougir de honte.

Je ne sais pas d’où vient cette haine de soi que je ressens. Elle peut avoir plusieurs sources. Je m’en veux de ne pas avoir été au bout de ma pensée. Avec chacun de mes livres, je n’ai fait que reculer l’heure de mon suicide.

*

Tout ce que j’écris, je l’écris dans des moments de désespoir. Surtout au milieu  de la nuit. La nuit, tout cesse d’exister. Il n’y a plus rien, à part vous, le silence et la nuit. On est aussi seul que Dieu peut l’être.

Paradoxalement, sans cette idée du suicide, je me serais certainement tué. C’ est la clé qui ouvre mon âme. Depuis mon enfance, j’ai  vécu tous les jours avec l’idée de la mort. Mon suicide était mon impératif catégorique. Et puis peu à peu, cette idée a perdu en intensité. Je me suis dit : « Tu es le maître de ta vie : tu peux te tuer quand tu veux. » Cela m’a aidé à supporter cette idée fixe. Mais elle ne m’a jamais quitté.

*

Évidement, je ne suis pas un homme très actif. La nature ne m’a pas donné une volonté de fer. Autrement, il y a longtemps que je me serais suicidé. À vrai dire, je suis d’une passivité extrême. Et j’ai peur de toute initiative. Chaque initiative me rend malade. La seule que j’ai, c’est une capacité extrême à dire « non »  ou à me défiler. J’aurais aimé être une pierre ou, à défaut, un animal.

Suis-je réactionnaire ? Peut-être par une nostalgie de la barbarie. Ce que j’ai de plus ancré en moi, c’est une négation absolue. On m’a reproché d’avoir été proche des fascistes dans ma jeunesse, mais ce ne sont pas leurs idées qui m’intéressaient, mais leur exaltation. J’étais totalement différent d’eux, mais leur pathologie me fascinait. Me fascinaient tout autant les Juifs. C’était l’autre part de ma nature. J’étais le seul non-juif à participer au Congrès Mondial juif  à Bucarest.

Tout ce qui est extrême dans l’existence a exercé sur moi une fascination sans borne. Un temps, ce fut le marxisme. Je l’ai vite délaissé : trop systématique, trop sérieux, trop dogmatique et sans humour.

Ma vision était toujours esthétique et pas politique du tout. Les Allemands n’avaient aucun sens de la nuance, ni du doute. C’est ce qui les a plongés dans une tragédie inouïe. Mais ça vaut toujours mieux que les Français qui sont irrémédiablement provinciaux.

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L’expérience de Milgram renouvelée …

L’expérience de Stanley Milgram, qui est née des atrocités de la Shoah et de son désir de comprendre comment elles avaient pu se produire, a été reproduite sous toutes les latitudes et avec les mêmes résultats, ce qui tend à prouver qu’il n’y a pas de civilisations plus cruelles que d’autres. En revanche, la soumission à l’autorité a un caractère quasi universel.

Récemment encore, une équipe de l’université de Varsovie a obtenu des résultats très proches en reproduisant fidèlement l’expérience de Milgram. Publiée dans la revue Social  Psychological and Personnality Science (mars 2017), l’étude montre que 72 des 80 participants ont infligé à leur  « victime » le niveau d’électrocution le plus élevé, soit 450 volts.

Louise Brooks + Pandora's Box + Act 8 7

La conclusion est limpide : l’homme préfère torturer que désobéir. En revanche, lorsque le niveau d’autorité faiblit, seule une personne sur quarante utilise le dernier curseur de 450 volts, ce qui confirme une hypothèse généralement admise par les psychologues et que chacun d’entre nous est en mesure de vérifier dans la vie courante : sur quarante personnes qu’on rencontrera, une seule se révélera véritablement sadique. C’est pourquoi Louise Brooks conseillait cyniquement à une amie de dorloter son mari marqué au sceau de la cruauté  car, ajoutait-elle, ils ne sont pas si nombreux les hommes véritablement cruels. Elle-même rêvait de mourir étranglée par Jack l’Eventreur…