L’EUTHANASIE POUR TOUS

Le Grand Arnaqueur sévit encore…

Une fois de plus, le  » grand  » débat national escamotera une question qui aurait l’accord d’une majorité de citoyens : la légalisation de l’euthanasie telle qu’elle se pratique dans des pays civilisés. On ne parlera pas non plus de la possibilité pour chaque Français de consommer les drogues qui correspondent le mieux à sa constitution et à ses désirs. Le mariage homosexuel ne devrait pas être remis en question : tant mieux pour ceux qui en bénéficient, mais c’est une infime minorité. On se focalise sur des sujets à fort potentiel symbolique, telle la peine de mort ou l’ISF – intouchables, bien sûr -mais ce qui concerne la vie quotidienne, la vie de chacun,  n’est pas vraiment pris en compte, l’immigration par exemple ou la déculturation d’un pays qui fut grand quand il était à l’avant-garde dans la création et qui devient soit un dépotoir, soit pour les touristes les plus riches une vitrine d’un luxe qui frise le mauvais goût, sacs Vuitton et foulards Chanel par exemple. Laissons cela aux rombières chinoises !

Oui, pourquoi empêcher  les Français de s’exprimer sur la peine de mort, le mariage pour tous, l’immigration, la libre consommation des drogues et la limitation de la vitesse, sans oublier quelques réformes institutionnelles telles l’instauration de la proportionnelle lors des élections ou  le référendum d’initiative populaire ? Les Français seraient-il tellement abrutis qu’il faut limiter le nombre de sujets sur lesquels ils peuvent se prononcer avec le vague espoir que leur opinion sera prise en considération ? D’ailleurs à quoi bon les consulter si ce n’est pas pour mettre en œuvre les grandes lignes qui se dégageront de ce débat : c’est ce qu’on appelle la démocratie. Dans le cas contraire, une fois de plus, on les aura roulés dans la farine. Il est vraisemblable qu’alors nous assistions à ce qui se passe actuellement en Italie, voire en Autriche ou en Hongrie. Ce n’est pas ce que ceux qui se présentent comme nos élites désirent, mais ce qui mécaniquement se produira si ce débat national n’est qu’un défouloir. Ou une manière de gagner du temps jusqu’aux élections européennes. Il serait d’ailleurs passionnant de savoir qui veut encore de l’Union Européenne telle qu’elle pourrit nos vies actuellement ?

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La force de Trump a été de jouer à la fois sur la finance et les classes populaires. Celle de Poutine d’avoir réconcilié la vieille Russie orthodoxe et la révolution communiste. Emmanuel Macron porté par un narcissisme sans limite et le soutien de l’Union Européenne a cru incarner un monde nouveau, alors que ce n’étaient que les débris du monde d’hier. Il lui faudra en rabattre : le Frexit n’est peut-être pas si loin que cela. Et l’ère des technocrates imbus d’un savoir contestable, tout au moins sur le plan politique, révolue. Si le débat national, ainsi que le mouvement des gilets jaunes, a au moins un mérite c’est celui de nous rappeler que le peuple a toujours le dernier mot. Faute de quoi…

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YOUTUBE ET MOI

Certains s’étonneront de ne plus voir mes vidéos : elles ont toutes été supprimées par YouTube. Depuis dix ans environ,  je prenais plaisir quotidiennement à tenir mon journal intime avec cette caméra-stylo dont rêvait Alexandre Astruc. Elle était enfin à ma disposition. J’en ai usé et abusé me moquant de l’esprit du temps, prenant la défense d’ Éric Zemmour et de David Hamilton, improvisant des aphorismes cyniques, laissant la parole à deux de mes poètes favoris – Ishikawa Takuboku et Richard Brautigan – et filmant souvent mon ami Steven Sampson, le double de Philipp Roth, entouré de délicieuses créatures. J’y ai relaté mes périples en Asie et mes après-midis à la piscine de Pully où le tennis de table tenait une large place, autant que les adolescentes qui nous observaient ébahies.

 

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Ces vidéos avaient également un aspect documentaire. Je pense avoir été le seul à filmer Paul Nizon, le grand écrivain suisse, dans sa chambre à coucher, le philosophe Clément Rosset louant Vladimir Poutine, le psychanalyste François Roustang racontant les sermons qu’il tenait du haut d’une chaire à la cathédrale de Francfort ou encore Marie Céhère devisant avec Frédéric Beigbeder. La séquence la plus réussie était celle de Frédéric Schiffter parlant du blabla et du chichi  de la philosophie dans un Lavomatic. Je m’arrête là pour ne pas vous accabler. Car maintenant il n’en reste rien. C’est un délinquant du Net qui vous parle, condamné sans sursis et à une peine perpétuelle. J’oubliais  de dire que comme Houllebecq avec lequel je suis le plus souvent en accord je faisais l’éloge de Trump et me faisais un point d’honneur de ne rien lâcher aux furies féministes qui nous pourrissent la vie, ni aux adeptes de cette nouvelle religion – aussi idiote que les précédentes  – qui veut qu’on s’emploie à « sauver  la planète ». Dans ma dernière vidéo, je citais le mot du philosophe Wittgenstein :  » La bombe atomique est certes un remède amer, mais salutaire.  »

Il ne vous reste plus qu’à témoigner votre gratitude à YouTube de vous épargner de tels immondices et à moi de vous remercier d’avoir supporté des propos aussi abjects, même tempérés par des Schlager de Christian Anders et illustrés le plus souvent par de jeunes Japonaises kawaï.

Une expérience prend fin.

Je ne m’en lamente pas. J’en prends acte simplement, conscient que tout est condamné à disparaître. r37

CLÉMENT ROSSET, CHASSEUR D’ILLUSIONS

Clément Rosset était d’un naturel plutôt timide, solitaire et difficile à apprivoiser, sauf devant une bonne bouteille : il pouvait parler des vins comme un œnologue. Nous nous retrouvions souvent, en compagnie de Michel Polac qui fut sans doute son ami le plus proche, dans un restaurant napolitain, Le Petit Tiberio,  où le patron nous faisait goûter des bouteilles qu’il avait apportées lui-même de vignes proches du Vésuve. J’ai rarement vu Clément aussi euphorique. Il parlait souvent avec nostalgie des vins du Lavaux. Se joignaient parfois  à nous Pierre-Emmanuel Dauzat, Frédéric Pajak et Frédéric Schiffter, sans oublier le cinéaste Jean-Charles Fitoussi. Tous nous nous sentions proches de Cioran et, plus lointaine ment, de Schopenhauer, celui que nous nommions « Le Patron ». Il était peu question de philosophie, sinon pour éclaircir nos affinités avec le non-sens. C’est lors d’une de ces soirées bien arrosées que l’ami Rosset offrit à Schiffter une préface à son premier livre, Sur le blabla et le chichi des philosophes, ce qui me permit de l’éditer aux Presses Universitaires de France avec l’approbation ironique de Michel Prigent qui dirigeait alors d’une main de fer cette prestigieuse maison d’édition.

C’est d’ailleurs aux PUF que, quarante ans plutôt, je m’étais d’emblée lié avec Clément Rosset : il venait de publier son premier livre, La philosophie tragique (1961) d’inspiration schopenhauerienne qui lui avait valu une chronique élogieuse dans les colonnes du Monde par Jean Lacroix qui avait été son professeur en khâgne. L’insolence de Clément Rosset me ravissait : il était ainsi parvenu à obtenir, sous pseudonyme, la possibilité de critiquer dans les colonnes du Nouvel Observateur tous les ouvrages que la gauche bien pensante encensait. Ce fut un véritable jeu de massacre jusqu’à ce que la supercherie soit découverte. C’est peu dire que Clément Rosset n’était pas de gauche : toute forme d’idéalisme lui répugnait. Il n’était pas loin de penser que quand les lycéens entreprennent des études de philosophie, ils en sortent abêtis, prétentieux et ont la tête remplie d’idées absurdes auxquelles ils croient dur comme fer. Il disait de la Sorbonne, première université française du Moyen-Âge, qu’elle a été et et est encore aujourd’hui une université religieuse. « Il faut, confiait-il à un ami mexicain, avoir une religion, qu’elle s’appelle le christianisme ou le marxisme, peu importe, mais si on n’a pas une étiquette et qu’on n’est pas dévot envers une cause, on fait peur, on est déjà sur le chemin du laboratoire des démons ou des terroristes ». Clément Rosset était un franc-tireur autour de la table du Petit Tiberio et plus tard de Yushi, comme nous l’étions tous.

À propos de l’École normale où il avait connu Derrida (aucune estime pour lui), Badiou (« un con ») et Althusser, il disait qu’elle a été une machine à transformer des chrétiens en communistes. On entrait chrétien, on sortait communiste. Il  s’est gaussé des modes et des dogmes qui faisaient alors fureur dans un livre hilarant, Les Matinées structuralistes.

 

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Clément Rosset était souvent flanqué d’un ami avec lequel il entretenait des rapports compliqués : Didier Raymond. Ce dernier prétendait avoir écrit les livres de Clément, alors que l’inverse était plus crédible. Mais Didier qui posait pour Vogue, qui enseignait à la faculté de médecine, qui lui fournissait des drogues, qui dormait dans son cercueil et qui ressemblait à Marlon Brando, fascinait Clément. C’est dire que le conformisme n’était pas son truc. Autrement d’ailleurs comment aurions-nous pu être amis durant un demi-siècle ? Il m’a parfois démoli dans les colonnes du Monde et j’ai raconté dans mes livres deux ou trois épisodes de sa vie qu’il tenait à garder secrets. Il ne m’en a jamais voulu : il est parfois bon d’égratigner ses amis. Et nous étions, l’un et l’autre, au-delà des jugements moraux et des crispations hystériques liés à des blessures narcissiques.

Je m’aperçois que j’ai peu parlé, sans doute par peur de paraître pédant, de sa philosophie. Elle est dans la lignée de Lucrèce, de Montaigne, de Spinoza, de Schopenhauer, de Nietzsche et de Bergson, pour nous limiter à quelques repères. Avec un goût prononcé pour le burlesque. Clément Rosset jugeait que c’était un signe d’honnêteté intellectuelle que d’écrire simplement, sans aucune ambiguïté. Pour lui, il allait de soi que la réalité est une, sans reflet, sans double, sans alternative et que les hommes n’avaient jamais compris, ni admis qu’ils allaient, qu’ils devaient mourir. Lui le savait et ne le redoutait pas. C’est quand même une sacrée forme de supériorité. Peut-être aurait-il encore souhaité vider un flacon de saké avec nous ! Même pas sûr. Mais ce qui est certain, c’est que lui nous manque déjà. Il était le gardien du temple du Réel. Je n’en connais pas d’autres. Et je conclurai avec une  citation tirée de Logique du pire : « Il n’y a pas de délire d’interprétation, toute interprétation est un délire. »

 

COMMENT LES HOMMES OSENT- ILS ?

Récriminations féminines 

 

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La parole des femmes s’est-elle suffisamment libérée ? L’arsenal juridique mis en place pour les défendre contre le harcèlement  est-il  adapté à des situations beaucoup plus retorses qu’il n’y paraît et qui profitent encore largement aux hommes ? Il faut y remédier au plus vite dans un souci de justice et d’égalité dont nous sommes encore à des années-lumières.  Trop d’exemples me viennent à l’esprit pour que je les énumère tous. Je me bornerai à en citer trois.

Le premier concerne l’homme qui incite, souvent insidieusement, sa compagne à consulter un psychiatre ou un psychanalyste, l’amenant ainsi à douter  de son intégrité psychique. Une stratégie  habile pour asseoir son pouvoir sur elle, voire pour s’en débarrasser, car chacun sait que les psys ne lâchent pas souvent leur proie, certains prétendant même que toute forme de sexualité est harcelante et ne se gênant pas pour mettre des théories fumeuses au profit de leur libido. L’époux ou l’amant qui use de moyens aussi perfides pour assujettir un être d’une sensibilité si délicate ne mériterait-il  pas d’être lui aussi poursuivi par la justice ?

Deuxième exemple. Toutes les femmes savent d’expérience qu’elles ont été soumises à un chantage odieux du genre :  si tu ne veux pas te donner à moi c’est parce que je suis noir, arabe, juif, infirme ou déclassé socialement, leur a laissé entendre le vil séducteur. Jouant sur une corde sensible, celle de la culpabilité, elles se sont parfois laissées  entraîner dans des relations tortueuses où la prétendue victime devenait leur bourreau. Avec l’afflux de migrants, il serait temps d’aborder ce sujet tabou et d’envisager un délit de mendicité sexuelle.

Troisième exemple. Les adolescentes par manque d’expérience, malice ou curiosité malsaine, sont des proies faciles pour des prédateurs qui ont l’âge de leur père. Certes, les pédophiles sont à juste titre punis, mais qu’en est- il des vieux beaux qui attendent, tels des vampires assoiffés de sang, que leurs  futures victimes aient atteint la majorité sexuelle ? Certes, il peut y avoir une attirance réciproque, mais le rapport de force est toujours du côté de l’homme. Et c’est bien cela qui est intolérable. Là aussi la justice devrait pouvoir intervenir. Que dis-je  ? Elle le doit. J’ai vu trop de destins brisés de jouvencelles naïves et passionnées pour ne pas m’indigner. D’autant que sur le thème Blanches colombes et vilains messieurs, le cinéma n’a cessé de faire une propagande éhontée pour des rapports entre de pures jeunes filles et de vieux baroudeurs. Peut-on laisser les choses en l’état quand, comme le Président Macron, on met la cause des femmes au centre de nos préoccupations ? Qu’un vieux porc comme Donald Trump dirige les États-Unis en dit long  sur les combats que nous avons à mener.

Ne tardons pas  !

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L’Internationale des Désenchantés …

Je me sens proche de Thomas Bernhard : il appartient, lui aussi, à L’Internationale des Désenchantés. Il incarne la figure la plus aboutie du dénigreur et, en même temps, il n’est jamais dupe de ses sarcasmes. En pensant à lui, je me demandais si tout grand écrivain ne finit pas toujours dans la peau d’un humoriste. L’heure arrive inéluctablement où nous ne sommes plus capables de prendre nos balbutiements au sérieux, où nos voluptés, nos élans, nos passions, nos convictions nous semblent grotesques et où le grotesque nous semble plaisant.

Voyez-vous, dirait Thomas Bernard, rien ne résiste à un examen quelque peu attentif : ni la dignité à laquelle nous sacrifions nos plaisirs, ni nos plaisirs auxquels nous sacrifions notre dignité. Seule une bienveillante ironie universelle serait de mise, mais Dieu que nous peinons pour y parvenir ! Un rien nous agace et l’impassibilité est réservée aux cadavres. Cette rigidité cadavérique, dirait encore Thomas Bernhard, atteint notre vie spirituelle  – expression d’une sottise réjouissante – bien avant notre mort. Nous ne sommes, pour faire bref, que de pauvres automates irresponsables répétant des âneries et des professions de foi inscrites dans nos neurones durant notre enfance, susceptibles de se métamorphoser pendant notre jeunesse et dépérissant ensuite à une allure folle.

 

 

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Nous commençons notre vie avec Freud et nous l’achevons avec Pavlov. D’ où le caractère stéréotypé de tout ce que nous entreprenons, de tout ce que nous percevons. Celui qui fait éclater ces stéréotypes, nous le nommons génie. Celui qui ne les supporte pas, nous l’enfermons. Celui qui rêve de les transformer, nous l’appelons révolutionnaire. Mais nous savons bien que le génie, le fou, le criminel ou le révolutionnaire sont encore des clichés, légèrement plus originaux et plus indigestes que le commun, mais tout aussi indispensables à la bonne marche de l’humanité. Cette course au néant, à quoi rime-t-elle ? Est-il vraiment insensé de vouloir s’en distraire ? Faut- il vraiment se réjouir d’avoir à endosser le brassard encore maculé de sang arraché à un coureur de fond épuisé ?

DEUX ATTRAPE-NIGAUDS : LE PACIFISME ET L’HUMANITAIRE …

Il y a deux formes d’imposture, souvent liées d’ailleurs, contre lesquelles il est vain de vouloir lutter, tant elles sont ancrées dans l’idéalisme occidental : le pacifisme et l’humanitarisme.

Il faudrait des pages et des pages pour retracer la généalogie du pacifisme. Nous les épargnerons à nos lecteurs pour en venir à notre conclusion : il n’y a pas de mouvement pacifiste qui ne serve une cause politique. Militer pour la paix au Proche-Orient, c’est se mettre au service des Palestiniens avec, au final, l’éradication d’Israël. De même que, dans les années cinquante, tous les mouvements pour la paix étaient, sciemment ou non, au service de l’U.R.S.S., ils constituent aujourd’hui des forces d’appoint aux multiples conflits qui enflamment la planète. C’est de bonne guerre, mais il est préférable d’en être conscient.

Plus subtilement encore, on notera qu’une grande partie de l’énergie qui s’emploie à l’organisation de la paix a précisément la même source que celle qui donne naissance à la guerre, ce qui rend les mesures pacifistes aléatoires car si on les pousse à bout, elles se révèlent au fond être agressives. Dans ses lettres à Einstein, Freud émet d’ailleurs l’idée que la guerre est une « diversion de l’instinct de destruction vers l’extérieur » et il lui accorde une « justification biologique« . « Nous ne pouvons pas ne pas reconnaître, écrit-il, que les pulsions guerrières sont réellement plus proches de notre nature que notre résistance à leur égard qui, en fait, reste théorique. »

Quant à l’humanitarisme, cette passion dangereuse , il est sans doute – tout au moins à mes yeux – la manière la plus malhonnête de célébrer nos propres vertus sans se soucier des conséquences le plus souvent catastrophiques de notre aide. Ce n’est que l’autre face du colonialisme, l’hypocrisie en plus.

Les mercenaires de l’infortune forment une caste d’imposteurs et de prédateurs qui se rêve et se déguise en sauveurs de l’humanité. Alors que dans les faits, l’humanitaire moderne produit les souffrances qu’il est censé soulager. L’art avec lequel les femmes et les hommes, parfois de bonne volonté, parviennent à pervertir des idées a priori aussi généreuses que celles de la paix dans le monde et du dévouement à son prochain, devraient nous amener à la conclusion qu’il n’est guère qu’un principe qui mérite d’être défendu : le principe d’indifférence.

 

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DE L’ASSASSINAT CONSIDÉRÉ COMME UN DES BEAUX-ARTS …

Dans La Corde, Alfred Hitchcock s’inspirait de l’histoire authentique de deux étudiants américains qui, subjugués par l’amoralisme tranquille de leur professeur de philosophie et exaltés par la lecture de Nietzsche, étranglaient un de leurs condisciples, cherchant par la gratuité de leur acte et par la perfection de leur mise en scène à prouver qu’ils étaient dignes d’accéder à la qualité de Surhomme.

C’était là le type même du crime cérébral, esthétisant, qui devait beaucoup à l’essai de Thomas De Quincey, De l’assassinat considéré considéré comme un des beaux-arts et à une culture philosophique encore fragile, car dès lors qu’elle s’approfondit, elle permet de mesurer le degré d’imposture de toute pensée et le mauvais goût qu’il y aurait à prendre trop au sérieux, ou pis encore, à vouloir transposer dans la réalité les paradoxes couchés sur le papier.

 

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Le seul principe que je me suis efforcé de suivre est le principe d’indifférence. Et si j’avais dû me choisir un Maître, c’aurait été l’illustre philosophe chinois Ye Men Fu.