MAGDA GOEBBELS ETLA CARTOMANCIENNE RUSSE

Une femme qui tue ses six enfants, mérite à défaut de notre admiration, au moins notre attention. D’autant plus que c’est dans le bunker de l’oncle Adolf – c’est ainsi que l’appelaient ses filles – et contre l’ordre de ce dernier, qu’elle a délibérément assassiné : Helga née en 1932, Hilde, née en 1934, Helmuth né en 1935, Holde, née en 1937, Heda née en 1938 et Heide née en 1940. Leurs prénoms débutent tous par un H ce qui en dit long sur la vénération qu’elle portait à Hitler.
Si l’on ajoute à cela qu’elle fut l’épouse de Joseph Goebbel, épouse malheureuse et souvent humiliée par le numéro deux du parti nazi, mais protégée par Hitler qui la jugeait fascinante, l’envie nous prend d’en savoir un peu plus sur cette jeune mère, suicidée à l’âge de quarante-quatre ans, que rien ne prédisposait à devenir l’icône du Troisième Reich. Encore que….
Encore que, à l’âge de treize ans, une cartomancienne russe, Frau Kowalski, lui proposa de lire son avenir grâce aux cartes. Bien que Magda se vante d’être rationaliste, elle accepte. Sa mère a raconté la scène : « La voyante demanda à Magda de couper les cartes de la main gauche, puis elle les disposa méthodiquement en quatre rangs. Subitement, elle les battit à nouveau. « Je ne veux pas voir une chose pareille ! », dit-elle textuellement. « Nul ne peut avoir autant de chance ! » Elle prit ensuite la main de Magda et en étudia attentivement les lignes, longuement. Enfin, elle déclara : « Un jour, tu seras une reine de la vie, mais la fin sera terrible…»
La fin chacun la connaît : le lendemain de la mort de Hitler et d’Eva Braun, elle habille ses enfants de vêtements blancs, leur donne des somnifères et une fois endormis leur met des ampoules de cyanure dans la bouche. Goebbels n’était pas présent, écrivant frénétiquement son journal. Quelques heures plus tard, il lui confia une ampoule de cyanure qu’elle avala avant que lui-même ne se suicide d’un coup de feu. Conformément à ses ordres, les deux corps seront brûlés par des officiers de la SS.
Dans une lettre qu’ elle écrivit peu avant à son fils Harald, né d’ un premier mariage avec l’industriel Günther Quandt de vingt ans son ainé, elle précisa que certes tout le monde doit mourir un jour, mais qu’ il est plus beau de vivre brièvement avec honneur et courage, que d’avoir une vie longue dans des conditions honteuses. Plus cynique, et comme s’il s’en félicitait, Goebbels acheva simplement son journal par ces mots : « Si nous succombons, pendant des siècles nos noms seront maudits. »
La cartomancienne russe aurait-elle vu juste ?

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