MATZNEFF : LE DROIT AU DÉSHONNEUR

En ouvrant au hasard mon livre : Journal d’un homme perdu (paru en 1995 aux éditions Zulma et aujourd’hui épuisé), je tombe sur ce passage datant du 13 octobre 1985 où j’évoque un déjeuner avec Gabriel Matzneff. Je parle également beaucoup dans ce journal de Linda Lê avec laquelle je partageais ma vie, ainsi que de Cioran pour lequel j’éprouvais – et j’éprouve encore – une admiration sans borne. Durant ces années, je travaillais au Monde avec le plus élégant et raffiné des écrivains : mon ami François Bott.

Mais revenons à Matzneff que je considérais comme un frère. Au cours de notre déjeuner, il me dit que ce qu’il a retenu avant tout de Dostoïevski, c’est le droit au déshonneur. Il m’a fait une dédicace charmante pour Un galop d’enfer, son dernier livre que nous avions évoqué à la Radio Suisse Romande et il m’a fait observer que pour mes dédicaces je ne me foulais pas. Ce qui est vrai. Mon je-m’en-foutisme prend parfois des dimensions cosmiques et je sens bien qu’il irrite mes amis.

Autre sujet de conversation : quand nos « ex » vont-elles nous prendre pour cibles dans leurs livres ? Nous avons aujourd’hui la réponse : Linda Lê ne m’a pas raté dans Solo (elle était la plus redoutable et la plus douée selon Gabriel) et Vanessa Springora n’a pas démérité non plus. Elles pourraient au moins reconnaître qu’elles ont eu d’excellents coachs, mais ce serait sans doute trop attendre d’elles.

Une réflexion sur “MATZNEFF : LE DROIT AU DÉSHONNEUR

  1. Au final, que nous disent tous ces gens des médias et du monde littéraire qui retournent leur veste soudainement à grand fracas?
    Abuser de petit garçons philippins pauvres sans éducation de 10/12ans ne leur avaient pas trop posé de problèmes jusqu’à présent mais il aura suffi d’une seule fillette de 14 ans bien éduquée des beaux quartiers qui accède à l’équivalent de leur statut social et là stop tout d’un coup ca ne passe plus, on retire tout des librairies de l’infâme personnage, celui-là même qu’on avait encensé depuis plus de 50 ans au point de lui donner des prix littéraires.
    La profanation d’une jeune vierge menaçant la préservation du clan remonte soudainement de la profondeur des inconscients et éclate au grand jour.
    Si encore ca avait été une fillette d’un trou perdu (c’est le cas de le dire) d’une province déshéritée, c’est le cas de toutes pour cette élite à part le Sud, ca aurait encore pu le faire, l’affaire serait restée noyée dans les faits divers et les mauvais livres. Tandis que la, attention c’est de la « Littérature », c’est tout de même une directrice de maison d’édition.
    On assiste à un règlement de compte familial dans le gratin, mis sur la place publique. La petite V devenue adulte a cassé la loi du silence qui existe dans toute famille qui possède ses secrets inavouables.

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