SANS FILTRE … CE DIMANCHE 11 JUIN 2017

Soudain un éclair :  de la littérature, de la vraie, de la puissante, sans concession, ni ornement. Elle nous vient de Russie – bien sûr. Elle est fantastique, au propre comme au figuré. Le titre claque dans la nuit: Syphilis. Son auteur, Mikhaïl  Elizarov, né en 1973 près de Kharkov, vit à Moscou. Son premier livre, Le Bibliothécaire, lui a valu le Russian Booker Price. Syphilis est la preuve, s’il en était nécessaire, qu’une littérature forte ne peut éclore que dans un pays fort. Merci Poutine !

Merci également à Aldo Sterone qui dénonce avec sa verve habituelle l’arnaque du changement climatique sur You Tube. À conseiller à tous les gogos qui veulent « sauver la planète », ambition aussi ridicule que stérile.

Seuls les écrivains, les vrais, parlent intelligemment de cinéma. Dire qu’on enseigne dans les facs à de pauvres crétins, incapables de se concentrer plus de dix minutes, l’art de parler du septième art. Certains obtiennent même une licence de « critique de cinéma » qui leur servira peut-être à emballer des caissières de supermarché. Mais guère plus.

S’il est un chroniqueur à lire chaque semaine (et je n’en vois guère d’autres), c’est bien Éric Neuhoff dans Le Figaro.  S’il y a bien un metteur en scène à suivre, c’est le Coréen Hong Sang-soo. Cela tombe bien : cette semaine Éric Neuhoff  parle de son dernier film, Le jour d’après. « Il flotte dans ce marivaudage mélancolique une douceur indicible », écrit Éric Neuhoff qui est un maître en la matière comme en témoigne son dernier livre, Costa Brava.
Dans Le jour d’après, film minimaliste qui rappelle parfois Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer, on entend une jeune femme réciter le Pater Noster dans la nuit enneigée. Elle a honte d’avouer qu’elle croit en Dieu. Dans le monde de l’édition, elle passerait pour une demeurée. L’éditeur qui ne néglige pas les voluptés de l’adultère, comme tout éditeur qui se respecte, abuse un peu du soju et de la crédulité féminine. C’est un goujat et c’est pour cela qu’on l’aime. À la fin du film, il offre un roman de Soseki, sans doute Le pauvre cœur des hommes,  à une stagiaire qui s’éreinte à vouloir devenir romancière. Dire que les acteurs sont épatants serait un euphémisme. Leurs noms ne sont pas faciles à retenir. Mais leurs expressions sont inoubliables. Il arrive que le cinéma vous transporte encore ailleurs.  Éric Neuhoff  mérite notre gratitude : il n’y a guère que lui pour nous entraîner dans une salle de cinéma – un truc de vieux – pour en sortir rajeuni de vingt ans.

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