Charles Bukowski – explosé au premier souffle

de plus en plus à court de jours

alors que la rampe d’escalier luit

au premier soleil du matin.

il n’y aura plus de repos

même dans nos rêves.

à présent, tout ce qu’il reste à faire c’est de

recomposer

les instants brisés.

quand même exister semble une

victoire

notre chance sûrement est alors

devenue mince

plus mince qu’un flux sanglant

vers la mort.

la vie est une chanson triste :

nous avons entendu beaucoup trop de

voix

vu beaucoup trop de

visages

beaucoup trop de

corps

le pire ça a été les visages :

une sale blague que personne

ne peut comprendre.

des journées barbares absurdes se totalisent

sous le crâne ;

la réalité est une orange

sans jus.

il n’y a aucun plan

aucun dehors

aucune divinité

aucun moineau de

joie.

on ne peut comparer la vie à

rien – c’est

une perspective trop

monotone.

relativement parlant,

on n’a jamais manqué de

courage

mais, au mieux, nos chances

sont restées faibles

et

au pire,

immuables.

et ce qui a été le pire :

non pas que nous les ayons

gaspillées

mais qu’elles aient été

gaspillées

sur nous :

sortant de

la Matrice

piégés

dans la lumière et

l’obscurité

accablés et transis

seuls dans la zone tempérée d’une

souffrance débile

aujourd’hui

de plus en plus à court de jours

alors que la rampe d’escalier luit

au premier soleil du matin.

 

 

embrace

 

 

Inédit en français, extrait du recueil « The Last Night of the Earth Poems» (2002).

Copyright Yves Sarda pour la traduction française.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s