Entretien imaginaire avec Carl Gustav Jung, 3/7

… Sur le rôle du psychothérapeute…

– Je pourrais être tenté de vous satisfaire en énonçant une règle générale. Mais je préfère répondre : faites l’un et l’autre. N’agissez pas à partir d’un principe posé a priori. Demandez-vous plutôt, dans chaque cas individuel, ce qu’exige la situation concrète. Cela devrait être votre seul a priori. Vous avez, par exemple, le cas du malade qui est encore à ce point inconscient que l’on ne peut pas lui expliquer ses problèmes. À la manière d’un psychotique, il s’identifie à son inconscient et il aura tendance à tenir le médecin pour fou, au lieu de vouloir comprendre sa propre situation intérieure. Hasardez-vous à déclarer à une mère inconsciente – une Kali Durga, qui se considère comme la meilleure mère du monde – qu’elle a provoqué la névrose de sa fille aînée et le mariage malheureux de sa fille cadette, et vous allez voir sa réaction ! Ce n’est pas de cette façon que vous pouvez aider la malade. Il faut d’abord qu’en elle, de l’intérieur, quelque chose mûrisse.

« Un autre malade aura atteint, au contraire, une certaine connaissance de soi, et attendra de vous que vous l’orientiez. Il ne faut pas considérer le malade comme un être inférieur que l’on couche sur un divan pendant que, tel un Dieu, le médecin s’assied derrière lui et daigne émettre une parole de temps en temps.

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Vaïnui de Castelbajac

– Freud disait de vous : « Au commencement, Jung était un grand savant, mais, par la suite, il est devenu un prophète ! » Vous n’ignorez pas combien on critique votre ésotérisme, combien on se méfie de votre passion pour l’alchimie…

Soyons clair : pendant quinze ans, j’ai étudié l’alchimie, sans en parler à personne. Je ne voulais influencer ni mes patients ni mes collaborateurs. Mais après quinze années de recherches et d’observations, certaines conclusions se sont imposées à moi avec une force inéluctable : les opérations alchimiques étaient réelles ; seulement cette réalité n’était pas physique, mais psychologique. L’alchimie représente la projection d’un drame à la fois cosmique et spirituel, en termes de « laboratoire ».

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